HCP : retour d’une inflation mensuelle positive en janvier
Le siège du Haut-Commissariat au Plan (HCP) à Rabat. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
L’inflation a légèrement accéléré au Maroc en janvier, avec une hausse mensuelle de 0,3 % de l’indice des prix à la consommation (IPC), selon la dernière note d’information du Haut-Commissariat au Plan. Il s’agit de la première progression mensuelle enregistrée depuis septembre, après quatre mois consécutifs de repli. En glissement annuel toutefois, l’IPC reste en baisse de 0,8 %, reflet d’un net ralentissement des tensions sur les prix à la fin de l’année 2025.
Entre décembre 2025 et janvier 2026, la progression de 0,3 % de l’indice général résulte d’une augmentation de 0,8 % des prix des produits alimentaires, tandis que les produits non alimentaires ont reculé de 0,1 %.
Dans le détail, les hausses les plus marquées concernent les « poissons et fruits de mer » , dont les prix ont bondi de 10,4 % sur un mois, ainsi que les légumes (+2,7 %), les fruits (+0,7 %), les viandes (+0,4 %) et le café, thé et cacao (+0,2 %). À l’inverse, les huiles et graisses ont enregistré une baisse significative de 3,1 %, et les prix du lait, fromage et œufs ont diminué de 0,3 %.
La sous-composante « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » a ainsi progressé de 0,7 % sur un mois. Cette dynamique a toutefois été modérée par la baisse des prix des carburants, en repli de 5,9 %, qui a contribué à contenir la hausse globale de l’indice.
Par ailleurs, la seule autre composante ayant affiché une progression mensuelle notable est celle des boissons alcoolisées et tabac, en hausse de 3,0 %, sous l’effet de l’entrée en vigueur de nouveaux droits d’accise au début de l’année. Cette catégorie ne représente toutefois qu’environ 1,5 % du panier de l’IPC, limitant son impact sur l’indice global.
Malgré le léger rebond mensuel de janvier, l’inflation demeure négative en rythme annuel, à -0,8 %. Cette évolution s’explique par un recul de 2,1 % des produits alimentaires sur un an, conséquence directe de la forte détente des prix observée au dernier trimestre 2025. Les produits non alimentaires, pour leur part, affichent une hausse modérée de 0,4 %.
Plusieurs secteurs présentent des évolutions contrastées. Le transport enregistre une baisse annuelle de 2,9 %, après cinq mois consécutifs de repli, dans le sillage de l’assouplissement des prix internationaux de l’énergie. À l’inverse, les biens et services divers progressent de 2,8 %, l’enseignement de 2,1 % et les restaurants et hôtels de 2,3 %, signalant des pressions persistantes dans certains segments de services.
Au total, l’indice général est passé de 118,7 en décembre 2025 à 119,0 en janvier 2026, contre 119,9 un an auparavant. L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les tarifs publics, est restée stable sur un mois et a diminué de 1,2 % en glissement annuel, confirmant un contexte de désinflation généralisée.
Les évolutions mensuelles diffèrent sensiblement selon les villes. Les plus fortes hausses ont été relevées à Beni-Mellal (+1,5 %), suivie de Settat et Al-Hoceima (+0,7 %), Guelmim et Safi (+0,6 %) et Marrakech (+0,5 %). Agadir affiche une progression de 0,4 %, tandis que Casablanca, Tétouan et Meknès enregistrent chacune +0,3 %.
À l’inverse, des baisses ont été observées à Dakhla (-0,3 %), Tanger (-0,2 %) et Fès (-0,1 %). Sur un an, plusieurs villes affichent des replis prononcés, notamment Dakhla (-2,2 %), Safi (-2,1 %), Guelmim (-1,8 %) et Laâyoune (-1,7 %).
Au-delà des données de janvier, la trajectoire macroéconomique pour 2026 repose sur l’hypothèse d’une demande intérieure soutenue, portée par une amélioration de la campagne agricole et par l’impulsion donnée à l’activité par les investissements publics en infrastructures.
Dans ce contexte, et malgré la détente des prix internationaux de l’énergie, l’inflation moyenne devrait s’établir autour de 1,3 % en 2026, contre 0,7 % en 2025, tout en restant nettement inférieure à la moyenne de 2,0 % observée sur la période 2015–2025.
Le retour d’une inflation mensuelle positive conforte par ailleurs l’anticipation d’un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de Bank Al-Maghrib, prévue le 17 mars, la banque centrale étant susceptible de maintenir son taux directeur inchangé dans un environnement de prix globalement maîtrisé.
En ce début d’année 2026, les données confirment ainsi un paysage inflationniste apaisé, marqué par des tensions ponctuelles sur certains produits alimentaires mais inscrit dans une dynamique de désinflation annuelle encore perceptible.
Source de l’article : Le Desk



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