Grève totale d’une semaine des avocats : l’ABAM durcit le ton face au projet de loi 66.23

À partir du 26 janvier, les avocats observeront une grève totale et continue d’une semaine. Une décision qui marque une escalade nette dans le bras de fer opposant l’Association des barreaux du Maroc au ministère de la Justice autour du projet de loi organisant la profession d’avocat

À compter du 26 janvier, le barreau national entrera dans une nouvelle phase de mobilisation. Les avocats ont décidé d’observer une grève totale et ininterrompue d’une semaine, rompant avec le rythme jusque-là adopté de deux jours de grève hebdomadaires. Ce durcissement traduit la montée des tensions entre les robes noires et le ministère de la Justice, sur fond de rejet persistant du projet de loi n° 66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat.

La décision a été rendue publique dans un communiqué publié par le bureau de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) à l’issue d’une réunion tenue le 17 janvier à Rabat. Cette rencontre a été consacrée à l’examen des développements récents entourant le projet de loi 66.23, ainsi qu’à l’évaluation des formes de lutte déjà engagées par la profession depuis plusieurs semaines.

Dans son communiqué, le bureau de l’ABAM indique avoir pris acte de la mobilisation de l’ensemble des composantes du corps des avocats et de leur engagement à se conformer aux décisions émanant des institutions professionnelles. L’Association souligne également avoir analysé certaines déclarations et positions attribuées au ministre de la Justice, de même que des propos tenus dans l’enceinte parlementaire, jugés préjudiciables à la profession et de nature à aggraver le climat de défiance.

Rejet total du projet de loi 66.23

Sur le fond, l’ABAM réaffirme sans ambiguïté son rejet total du projet de loi n° 66.23. L’Association exige « le retrait pur et simple du texte » et appelle à « la réouverture du débat dans le cadre d’une approche participative, sérieuse et responsable, associant l’ensemble des acteurs concernés par l’avenir de la profession d’avocat » . Pour les représentants des barreaux, le texte tel qu’il est conçu « ne répond ni aux attentes de la profession ni aux exigences d’une réforme concertée et équilibrée » .

Dans l’attente d’un changement de cap des autorités, le bureau de l’ABAM appelle les avocats à poursuivre les formes de lutte annoncées dans un précédent communiqué daté du 9 janvier. Concrètement, l’activité des avocats sera suspendue les mardi 20 et mercredi 21 janvier, puis les mercredi 28 et jeudi 29 janvier, avant l’entrée en vigueur de la grève totale d’une semaine à partir du 26 janvier.

Un sit-in national le 6 février à Rabat

Parallèlement au mouvement de grève, l’Association appelle à « une mobilisation massive » à l’occasion d’un sit-in national prévu le vendredi 6 février, à partir de 10 heures, devant le siège du Parlement à Rabat. Cette action symbolique vise à porter directement les revendications de la profession sur la place publique et à interpeller les pouvoirs législatif et exécutif sur « l’urgence d’un dialogue réel et inclusif » .

À travers cette montée en puissance de la contestation, les avocats entendent rappeler « leur attachement à l’indépendance de la profession et à un cadre juridique élaboré en concertation » , tout en accentuant la pression institutionnelle sur un projet de loi qu’ils jugent inacceptable en l’état.

Source de l’article : Le Desk