France : Début du procès des parents d’une fillette marocaine retrouvée morte en 1987

Le procès tant attendu, près de quarante ans après le début des enquêtes et des démarches judiciaires, verra les parents de la petite Inas, une fillette marocaine retrouvée morte et défigurée en 1987 sur le bord de l’autoroute A10, comparaître devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois, du 9 au 27 novembre 2026.

D’après l’Agence France-Presse, la mère, aujourd’hui âgée de 71 ans, est accusée de « torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort » sans intention de tuer. Le père, quant à lui, âgé de 74 ans, sera jugé pour « complicité » .

Surnommée par les médias français la « martyre de l’A10 » , la petite Inas a été découverte par des ouvriers le 11 août 1987, dans un fossé le long de l’autoroute près de Suèvres, dans le Loir-et-Cher. Âgée de quatre ans à l’époque, son corps portait de nombreux signes de violence, notamment des brûlures suspectées d’être causées par un fer à repasser et des morsures humaines attribuées à une femme, selon les rapports médico-légaux. Face à l’absence de pistes, la gendarmerie française a lancé l’appel à témoins le plus vaste de son histoire, diffusant sa description dans plus de 30 pays et affichant son image dans 65 000 écoles et 30 000 bâtiments municipaux. Deux ordonnances de non-lieu ont été prononcées en 1991 et 1997, laissant l’affaire non résolue pendant des années.

L’analyse ADN relance l’affaire en 2018

Née à Casablanca, la fillette a vécu environ 18 mois au Maroc avec sa grand-mère maternelle avant de rejoindre ses parents, à Puteaux, en région parisienne fin 1985. Troisième d’une fratrie de sept enfants, elle était inscrite en éducation précoce mais n’a jamais vraiment fréquenté l’école, bien qu’elle ait été enregistrée auprès de la caisse d’allocations familiales, attestant de sa présence légale.

L’enquête a pris un tournant décisif en 2018 grâce à une analyse ADN réalisée sur son frère pour une autre affaire, a permis son identification. La comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques a révélé une correspondance avec des traces trouvées sur les vêtements et la couverture qui enveloppaient son corps, conduisant à l’identification de l’enfant et à l’arrestation de ses parents en juin de la même année.

Durant leur détention provisoire, les parents n’ont jamais reconnu les faits de violence ayant entraîné la mort de leur fille, s’accusant mutuellement et évoquant des violences domestiques. Plusieurs recours juridiques, déposés par la défense et le parquet de Blois, ont retardé la tenue du procès pendant des années.

Source de l’article : Yabiladi.com

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