Fossiles préhumains au Maroc : l’origine africaine de l’humanité se confirme

A la fin des années 60, un adolescent marocain trouve un morceau de mandibule en arpentant une carrière près de Casablanca. Des dizaines d’années de fouilles archéologiques plus tard, de nombreux autres ossements ont été découverts sur le site, puis longuement étudiés afin d’être identifiés et datés. Les résultats de ces recherches viennent d’être publiés mercredi dans la revue scientifique Nature. Il s’agit de fossiles préhumains datant de 773 mille ans.

Une découverte majeure pour comprendre l’origine de africaine de l’humanité

Si nous connaissons bien Lucie ou l’homme de J. Ballyroud découverts en Afrique, il existe, selon le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, un trou « entre un million d’années et 500 000 ans, donc ces fossiles que avons découvert de la Carrière Thomas au Maroc comblent cette case manquante » . Cette découverte pourrait être la pièce de puzzle manquante pour confirmer l’origine africaine de l’humanité.

Il ajoute : « C’est une période qui est très importante parce que les paléogénéticiens qui ont séquencé l’ADN de l’homme de Néandertal nous disent que c’est probablement dans cette fenêtre de temps que s’opère la divergence entre des lignées africaines qui vont mener à l’homme actuel et puis les lignées eurasiatiques qui vont mener à l’homme de Néandertal et à un de ses cousins asiatiques qu’on appelle l’homme de Denisova » .

Dater les fossiles : un travail essentiel de la recherche archéologique

Il existe bien différentes méthodes pour dater les fossiles que nous découvrons, plus ou moins fiables qui dépendent de conditions surtout locales. Pour les fossiles de la carrière Thomas au Maroc, la méthode utilisée est le « paléomagnétisme » qui permet de percevoir les changements du champ magnétique terrestre. « Alors ça ne se passe pas en une nuit, ça prend quelques milliers d’années, mais ce changement peut être enregistré dans certains sédiments dont les particules se comportent en fait comme des aiguilles d’une boussole, et au moment de leur dépôt figent l’état du champ magnétique terrestre. » nous explique le spécialiste.

Dans la carrière Thomas, les spécialistes ont pu enregistrer ces sédiments. Ils ont ainsi découverts que ces fossiles appartenaient à un niveau correspondant exactement à une « grande inversion du champ magnétique terrestre, ayant eu lieu il y a 773 000 ans, à quelques milliers d’années près » .

Source de l’article : Radio France