EuroPalestine appelle au boycott des dattes Medjool « issues de terres volées aux Palestiniens »
AA / Paris / Ümit Dönmez
À l’approche du mois de Ramadan, l’association EuroPalestine lance une campagne de terrain pour appeler au boycott des dattes Medjool produites par Israël et commercialisées dans de nombreux supermarchés français. Pour Olivia Zemor, présidente de l’organisation, « ce sont des dates issues de terres volées aux Palestiniens dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée » .
Dans un entretien accordé à Anadolu, Olivia Zemor affirme que « la plupart des dattes Medjool vendues en France viennent des colonies israéliennes illégales, ou de sociétés complices de l’occupation » . Elle ajoute que « certaines boîtes mentent carrément sur l’origine, en inscrivant » Jordanie « ou » Maroc « , alors qu’il s’agit bien de productions israéliennes » .
La campagne s’inscrit dans le cadre d’un mouvement international de boycott des produits issus des colonies israéliennes, et mobilise des bénévoles sur les marchés, dans les magasins ou en contact avec les consommateurs. L’objectif : sensibiliser sur l’origine réelle des dattes, inciter à privilégier des productions algériennes, tunisiennes ou marocaines, et éviter d’acheter des produits contribuant au financement de l’occupation.
Olivia Zemor met aussi en avant les obligations légales des commerçants : « En France, les commerçants sont tenus d’indiquer de façon lisible l’origine exacte des produits, notamment pour les fruits secs. Et le Journal officiel du 24 novembre 2016 précise qu’on n’a pas le droit d’écrire » Israël « si cela vient de la Cisjordanie ou du Golan. » Elle dénonce de nombreuses infractions : « Certains commerçants trichent, ne mettent pas l’origine, ou la rendent illisible. » Elle indique que des militants d’EuroPalestine montrent ce texte aux vendeurs, les alertent sur les risques juridiques, et que certains retirent alors les produits ou les étiquettes : « Parfois, ils ne savent même pas d’où viennent vraiment les dattes, car les distributeurs eux-mêmes masquent leur origine. » La présidente d’EuroPalestine insiste également sur les conséquences économiques du boycott : « Des producteurs israéliens se plaignent, ils n’arrivent plus à vendre leurs fruits, ça pourrit dans les entrepôts. Les supermarchés n’en veulent plus. » Elle élargit le champ de la mobilisation en ciblant aussi « les entreprises complices » : « McDonald’s, Carrefour, Coca-Cola, Netflix, Amazon… ce sont des cibles du boycott dans de nombreux pays. » Pour Olivia Zemor, le levier de la consommation reste essentiel : « Si les États ne prennent pas de sanctions, nous, citoyens, pouvons au moins cesser de financer les criminels. » La campagne prend un relief particulier à l’approche du Ramadan, période où la consommation de dattes augmente considérablement. EuroPalestine appelle à « rompre le jeûne avec des dattes dignes, pas avec des produits issus du recel de terres occupées » .
Dans un contexte où le droit international continue de considérer les colonies israéliennes comme illégales, et où les appels au boycott sont reconnus comme relevant de la liberté d’expression par la jurisprudence européenne, ce type d’initiative militante s’inscrit dans un combat à la fois juridique, éthique et politique.
Source de l’article : Anadolu Ajansı



Laisser un commentaire