eFootball: quand une CAN virtuelle révèle des problématiques réelles

eFootball, c’est le nouveau nom de PES : Pro Evolution Soccer, un jeu de simulation de football associatif, qui a été créé, en 2006, par l’éditeur japonais Konami. eFootball fait partie des trois jeux de foot les plus vendus de l’histoire avec plus de 106 millions d’exemplaires, derrière son concurrent FIFA et la série Madden NFL d’Electronic Arts.

C’est une grosse machine avec plus de quatre millions de joueurs actifs, tous les jours, et Konami en a fait l’annonce en décembre : la Coupe d’Afrique des Nations est maintenant représentée dans le jeu avec des équipes du Cameroun, du Nigeria, du Sénégal, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la RDC, d’Algérie ou encore d’Afrique du Sud.

Une CAN virtuelle et des problématiques bien réelles

On y incarne une sorte de manager d’équipe et de joueur. Vous pourrez participer à la CAN en gérant des équipes africaines et même signer des stars, comme les footballeurs sénégalais El Hadji Diouf et Sadio Mané, mais aussi l’Égyptien Mohamed Salah.

Les joueurs sont ravis de voir leurs pays et joueurs favoris représentés dans le jeu, puisque c’est une première, mais sous les vidéos YouTube de eFootball, les mêmes commentaires reviennent : « Mettez des serveurs en Afrique pour qu’on puisse jouer correctement » .

Les joueurs africains, qui représentent une belle part de l’audience du jeu, se sont saisis de cette visibilité pour exprimer leur mécontentement et le sentiment que leurs revendications ne sont pas entendues par Konami. En effet, il n’y a pas ou presque pas de serveurs sur le continent africain, ce qui engendre des « lags » , de la latence, donc du décalage dans l’expérience de jeu. Une expérience commune, qui n’a cependant pas empêché le Sénégalais Momojuve de faire partie des meilleurs joueurs au monde d’eFootball.

Le manque de serveurs de jeux en Afrique, une fatalité ?

On peut la justifier par le manque d’infrastructures adaptées, plus précisément l’absence de centre de données, c’est ce qui revient souvent. Mais force est de constater que d’autres jeux qui se jouent en ligne y arrivent. C’est le cas du jeu PUBG Mobile qui a placé des serveurs au Nigéria et en Afrique du Sud, ce qui assure une connexion beaucoup plus stable. Ils auraient pu s’arrêter là, mais PUBG Mobile est allé un peu plus loin en proposant des costumes inspirés du peuple Masaï, et a intégré une danse kenyane, le « Mapangale » , au jeu.

Tout ça pour dire que créer, intégrer les jeux vidéo en Afrique et inversement, c’est pas encore gagné, mais des initiatives positives existent et on espère que ces efforts se poursuivront avec plus de serveurs africains d’ici la prochaine CAN.

Source de l’article : RFI