EDITO. Sécurité aérienne : y a
Y a-t-il un potentiel kamikaze aux commandes, avec entre les mains la vie de centaines de passagers ? Depuis le crash de la Germanwings en 2015, la question est dans toutes les têtes. Le copilote Andreas Lubitz s’était enfermé dans le cockpit avant de précipiter délibérément son avion contre une montagne des Alpes du sud. Les 144 passagers sont morts dans l’accident.
La santé mentale du personnel navigant est de nouveau d’actualité avec les révélations d’un ancien commandant de bord, Patrick Blelly, qui explique la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines par le suicide prémédité du pilote. Ce dernier, en proie à de graves problèmes financiers et amoureux aurait tenté de camoufler son geste en faisant amerrir l’appareil dans une zone située à 2 000 km des côtes sans aucune surveillance satellitaire, sans doute pour éviter des répercussions sur sa famille. Il aurait ainsi emporté dans la mort les 238 occupants de l’avion.
Dernier fait troublant s’ajoutant à cette macabre litanie : le crash au décollage du Boeing 787 d’Air India, au mois de juin dernier, faisant 260 morts. Soupçonné d’avoir volontairement coupé l’alimentation en carburant dans un véritable sabotage intime, le capitaine Sabharwal aurait souffert de dépression. Il avait pourtant passé avec succès son dernier examen médical, moins d’un an avant…
L’avion de ligne est-il en passe de devenir l’ultime accessoire de l’autodestruction, une corde de métal tendue à 10 000 mètres d’altitude ? Vol Royal Air Maroc 630 le 21 août 1994, SilkAir 185 le 19 décembre 1997, EgyptAir 990 le 31 octobre 1999, China Eastern Airlines 5735 du 21 mars 2022… À chaque fois, l’ombre du suicide plane sur les débris. Le bilan est glaçant : près de cinq cents vies sacrifiées sur l’autel d’un désespoir individuel.
Si les appareils, grâce au progrès technologique, sont aujourd’hui presque infaillibles, le facteur humain semble à l’inverse de plus en plus fragile. Ainsi chaque année, 10 % du personnel navigant est jugé inapte (dont la moitié pour raison mentale) à l’issue d’un examen médical obligatoire, renforcé depuis le coup de folie de Lubitz. Un médecin, un psychologue puis un psychiatre évaluent la santé mentale des pilotes pour prévenir les « zones de turbulence » .
Source de l’article : ladepeche.fr



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