Eau, infrastructures et investissement: Nizar Baraka fait le point

Eau, infrastructures et investissement: Nizar Baraka fait le point

Le Maroc vient de sortir d’un cycle de sécheresse qui aura duré 7 années, c’est l’annonce faite hier par le ministre de l’Equipement et de l’Eau, devant où il a eu également à défendre l’action du gouvernement sur d’autres points tels que les infrastructures et les investissements consentis.

C’est un Nizar Baraka stoïque et droit dans ses bottes devant les parlementaires hier, à la Chambre des représentants. C’était à l’occasion du fréquent exercice des questions orales devant les parlementaires. Face à la salve des questions, à charge comme à décharge, le ministre s’est employé à présenter les actions menées par son Département dans 2 domaines assez stratégiques pour la Nation, à savoir l’eau et les infrastructures.

En effet, après sept années consécutives de sécheresse et dans un contexte de fortes pressions budgétaires, Nizar Baraka a défendu une stratégie fondée sur l’investissement structurant, l’anticipation climatique et la préservation des actifs publics.

Sur le front hydrique, le ministre a acté la sortie officielle du Maroc d’un long cycle de sécheresse. Afin de ne pas sombrer dans une affirmation gratuite, Nizar Baraka a commencé par expliquer aux Représentants que : « une année est considérée comme sèche lorsque le déficit pluviométrique dépasse 20 % par rapport à la moyenne. Or, cette année, nous enregistrons un excédent positif » .

Fin de la sécheresse : la preuve par 4

Il a indiqué que les précipitations enregistrées depuis septembre sont en nette hausse par rapport à l’an dernier et supérieures à la moyenne saisonnière. Elles ont permis, a-t-il affirmé, une amélioration sensible des ressources en eau, et occasionné un taux de remplissage des barrages a atteignant globalement une moyenne de 46 %, contre 28 % à la même période un an plus tôt. En volume, cela représente un stock de 7,7 milliards de mètres cubes. Mais, sur la seule période du 1er septembre au 12 janvier, (depuis septembre) les apports en eau sont de l’ordre de 3,5 milliards de m³, dont l’essentiel sur le dernier mois. Ce qui offre au Royaume, l’équivalent d’une année supplémentaire d’eau potable.

Comme pour enfoncer le clou sur l’argumentaire d’une fin inéluctable de sécheresse pour le Maroc, le ministre de l’Equipement et de l’Eau a évoqué les chutes de neige « exceptionnelles » qui ont couvert une superficie estimée à 55.495 km², avant de se réduire à environ 25.000 km², avec des hauteurs de neige variant entre un et deux mètres dans les zones montagneuses situées au-delà de 2.500 mètres d’altitude. Du côté des bassins d’eau, il a souligné une amélioration sur l’ensemble du territoire, avec 8 bassins affichant des taux de remplissage entre 80 % et 100 %, notamment Loukkos et Sebou. Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah lui a atteint 92 %, tandis que 37 petits barrages ont dépassé leur capacité.

Nizar Baraka: poursuivre les investissements

Toutefois, Nizar Baraka a souligné que si cette embellie constitue un répit économique, elle n’a pas mis encore fin au stress hydrique. Par conséquent le Maroc ne devrait cependant pas baisser la garde sur sa stratégie de préservation hydrique. Il a, pour ce faire, insisté sur la poursuite des investissements lourds, notamment dans le dessalement de l’eau de mer et les interconnexions entre bassins hydrauliques. L’extension de l’ « autoroute de l’eau » , reliant progressivement les bassins excédentaires du Nord à ceux structurellement déficitaires du Centre, est présentée comme un levier stratégique de sécurisation de l’approvisionnement, essentiel à l’agriculture, à l’industrie et à l’attractivité territoriale.

Les échanges parlementaires ont également porté sur l’état des infrastructures routières, durement mises à l’épreuve par les intempéries récentes. Là-dessus, Nizar Baraka répondant aux préoccupations des députés sur les impacts économiques des coupures de route dans les zones rurales et montagneuses, a mis en avant une réorientation budgétaire majeure à l’en croire, quelques 45 % des crédits de son département sont désormais consacrés à l’entretien et à la réhabilitation du réseau existant. Plus de 64 % du réseau routier national est aujourd’hui jugé en bon ou très bon état, avec un objectif de 80 % à l’horizon 2035.

Il faut noter des réponses du ministre, que les signaux de la fin d’un septennat de sécheresse sont évidents, mais ne devrait en rien réduire ou atténuer l’engagement du Maroc dans sa stratégie hydrique. Une posture d’autant pertinente que si la sécheresse s’est estompée, le stress hydrique par contre est encore de mise.

Source de l’article : H24info

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