Dree Hemingway : « Je me sens très inspirée par la vie de mon arrière-grand-père »

Dree Hemingway : « Je me sens très inspirée par la vie de mon arrière-grand-père »

C’est l’une des actrices qui attire les regards depuis que la série phénomène Love Story de Brian Murphy a été lancée le 12 février dernier. Les épisodes revisitent la romance très médiatisée entre John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette-Kennedy, avant leur tragique disparition le 16 juillet 1999. Dree Hemingway, actrice, mannequin et arrière-petit-fille de l’écrivain américain incontournable du XXe siècle, Ernest Hemingway, incarne Daryl Hannah, une figure du cinéma des années 1990 et ex-compagne du fils de l’ancien président des États-Unis.

Avant de se faire remarquer à l’écran, la comédienne ses fait connaître en tant que It girl dans les années 2000, en raison de son style particulièrement en vue. C’est aussi une mannequin respectée, aperçue dans les campagnes de grandes maisons, comme Chloé, Prada et Valentino. Nous l’avons rencontrée entre l’un de ses déjeuners au Voltaire, son adresse fétiche, et quelques visites de boutiques vintage.

Vanity Fair. À quand remonte votre premier souvenir parisien ?

Dree Hemingway. Je n’avais que 15 ans lorsque j’ai été invitée à participer au Bal des Débutantes. Je me souviens avoir essayé de nombreuses robes, m’être sentie particulièrement glamour, et avoir séjourné au Plaza Athénée, dans une ambiance très « à l’américaine » . C’est aussi à Paris que j’ai découvert mon vertige : en montant au sommet de la tour Eiffel, j’ai réalisé que c’était sans doute la chose la plus effrayante que j’avais jamais vécue.

La série Love Story vous a propulsée sous les feux des projecteurs. Mais comment aimeriez-vous vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Je suis une fille de l’Idaho [État du Nord-Ouest des États-Unis, ndlr], profondément passionnée. Je suis une rêveuse qui vit beaucoup dans son imaginaire. Les films sont une forme de thérapie pour moi, et au fond, devenir actrice s’est imposé comme une évidence. C’est tout simplement ce qui a du sens dans ma vie.

Pourtant, vous avez d’abord connu une grande carrière en tant que mannequin. Comment s’est passée votre transition vers le cinéma ?

J’ai suivi des cours de théâtre avant de me lancer dans le mannequinat, mais à l’époque, je ne pensais pas avoir suffisamment d’expérience de la vie pour devenir actrice. C’était un bon équilibre, entre la danse, le mouvement et, d’une certaine manière, l’exploration de personnages. Dans la mode, même à travers une simple photo, j’ai toujours ressenti la présence d’un protagoniste à incarner. Puis, ma rencontre avec le réalisateur américain Sean Baker a marqué un tournant. C’est grâce à lui que mon rêve est devenu réalité, en me glissant dans la peau de Jane dans Starlet, sorti en 2012.

Un moment marquant que vous avez vécu dans le monde de la mode ?

J’ai eu la chance de travailler pour Vogue France à l’époque où Carine Roitfeld en était la rédactrice en chef, et une séance photo au Maroc reste l’une des expériences les plus mémorables et amusantes que j’aie vécues. C’était avec Inès de la Fressange, aux côtés des modèles Freja Beha et Lara Stone, et l’ambiance était complètement folle. Et puis, il y a les voyages : il n’y a rien de plus enrichissant. Ce métier m’a permis de découvrir des endroits où je ne serais probablement jamais allée autrement.

Pourquoi le cinéma ?

Je deviens un peu nerveuse lorsque je ne joue pas, sans doute parce que j’aime profondément l’acting. J’aime m’investir, étudier un personnage, trouver sa voix, et tout le travail d’équipe que cela implique. Et je crois que plus je joue, plus j’apprécie aussi les séances photo. C’est comme si, une fois mon envie de jouer assouvie, je pouvais pleinement profiter de ces moments où, justement, je ne joue pas.

Vous êtes l’arrière-petite-fille de l’écrivain Ernest Hemingway, auteur incontournable du Viel Homme et la Mer (1952). On m’a dit que vous aviez l’intention de monter un projet qui lui serait consacré…

Il s’agit d’un film qui raconte la fin de sa vie. L’histoire se déroule à Sun Valley, dans l’Idaho, où je suis née et où j’ai grandi. Mais je vais m’arrêter là, car je ne voudrais pas trop en dévoiler.

Ressentez-vous une pression ou plutôt une source d’inspiration face à cet héritage, face à lui ?

Je me sens davantage inspirée que sous pression. Plus jeune, je crois que je ressentais une forme d’injonction à être moi-même, mais aujourd’hui, cela s’est apaisé. Je me nourris simplement des histoires que j’ai entendues, de sa vie, de ses écrits. Il n’y a aucune notion de compétition. J’ai une famille incroyable. Ma soeur est une artiste talentueuse, ma mère est une actrice exceptionnelle. D’une certaine manière, j’ai l’impression que tout cela fait partie de mon ADN. Je n’ai jamais ressenti le besoin de rivaliser ou d’être intimidée.

Puis, je trouve qu’il existe de nombreuses similitudes. Quand j’entends des histoires sur mon arrière-grand-père : son amour du voyage, des gens, des restaurants, de la vie, de l’océan et des animaux, je me reconnais dans beaucoup de points communs, même si je ne l’ai jamais connu.

Si vous pouviez avoir une conversation avec lui aujourd’hui, quelle serait la première question que vous lui poseriez ?

Je lui demanderais : « Où m’emmènes-tu dîner ? » , ou encore « de quoi veux-tu parler ? » . J’ai le sentiment qu’avec lui, l’expérience aurait compté davantage que la question elle-même.

Source de l’article : Vanity Fair

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