Drame d’Adamuz : non, l’Espagne n’a pas « sacrifié » sa sécurité au profit du Maroc
Une rumeur affirme que le gouvernement espagnol aurait « offert » 247 millions d’euros au Maroc pour moderniser son réseau ferré au détriment de sa propre sécurité. Une accusation devenue virale, partagée plus de 12 000 fois, mais qui repose sur une confusion majeure entre don diplomatique et mécanisme financier.
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En réalité, ce montant n’est pas un cadeau financier, mais un crédit remboursable. Il s’agit du Fonds pour l’internationalisation de l’entreprise (FIEM), un outil créé en 2010. Ce système permet à l’Espagne de financer des projets à l’étranger, à la condition expresse qu’ils profitent à ses propres entreprises. Dans ce dossier, une enveloppe de 190 millions d’euros a été allouée pour permettre à la branche espagnole d’Alstom de fabriquer et fournir les rames des futures lignes de tramway de Casablanca.
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Ce n’est donc pas un chèque en blanc. Le ministère marocain de l’Économie et des Finances agit ici comme un emprunteur qui devra rembourser l’intégralité de la somme à l’État espagnol. Avant d’accorder ce prêt, Madrid évalue systématiquement les garanties de remboursement du destinataire. Ce type de financement est d’ailleurs courant : le Salvador ou l’Ouzbékistan y ont régulièrement recours, et le Maroc en avait déjà bénéficié en 2017 pour une station de dessalement à Al Hoceïma, bien avant l’arrivée au pouvoir de Pedro Sánchez.
La diffusion de ces messages tente d’opposer la sécurité ferroviaire espagnole à la coopération économique avec le Maroc. Pourtant, l’enquête sur l’accident d’Adamuz se concentre sur des défaillances techniques locales sans aucun lien avec ces accords commerciaux. Loin du « cadeau » diplomatique, ces fonds servent avant tout à soutenir l’industrie espagnole sur le marché marocain, tout en garantissant un retour financier pour Madrid.
Source de l’article : Bladi.net



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