Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l’Histoire des châteaux

Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l’Histoire des châteaux

Accompagné à chaque fois d’un spécialiste, d’un chercheur ou d’un historien, Amine Le Conquérant filme les châteaux français de plus près, pour en relater l’histoire méconnue. Né à Colombres et vivant à Cergy, il a grandi avec ses parents marocains originaires de Dar Guerradi, province de Sidi Slimane. Depuis le temps, il se passionne pour ce domaine, perçu pourtant comme élitiste. Doué en la matière, Amine Kassid de son vrai nom s’y intéresse tout particulièrement à titre personnel. Il cultive alors une curiosité singulière pour les récits qui ne sont pas largement repris dans les manuels.

En autodidacte, il renforce ses connaissances, se documente et se spécialise, à sa manière. En filigrane, il découvre des versions qu’il estime importantes à partager au public non initié. Son concept voit ainsi le jour. « Les châteaux, les rois et l’Histoire sont mes passions de toujours et je préfère de loin l’Histoire qu’on ne nous raconte pas à l’école. Aujourd’hui, je la filme et je la relate en me basant sur des livres, des sources de documentation et avec des historiens » , a-t-il déclaré à Yabiladi.

L’Histoire, un héritage conjugué à la diversité

Ayant quitté le lycée avant le baccalauréat, le vidéaste continue son cursus à l’Ecole de journalisme et de cinéma de Toulon, où il obtient son diplôme. Tout en cultivant son intérêt pour l’Histoire, il travaille comme assistant-réalisateur avec M6, puis France 3. Il s’exerce notamment sur les plateaux de « Scène de ménage » et de « Plus belle la vie » , puis il crée sa boîte de production pour collaborer avec des influenceurs et des rappeurs, pendant dix ans. Lassé de « travailler pour les autres » , il s’oriente vers la création de ses propres contenus.

Ayant à cœur de dupliquer l’expertise qu’il a acquise, Amine Kassid crée parallèlement l’association « 1789 » à Cergy, une référence franche à la Révolution française. A travers ses séries de vidéos relatant l’Histoire des châteaux comme par ses initiatives bénévoles, il entend « révolutionner le cinéma et donner la chance à tout le monde d’y exerce, d’autant que le septième art reste un milieu fermé, où l’on attribue souvent les mêmes rôles aux mêmes personnes » . Par la même occasion, il aspire à inscrire le narratif français dans la diversité.

Amine confie à Yabiladi que ses vidéos ne créent pas uniquement un engouement positif. « Je n’ai pas peur des attaques racistes. Je suis bien conscient qu’elles font partie de cet ensemble. Actuellement, le racisme contre les musulmans connaît une forme de banalisation particulière et je sais que c’est donc pire, puisque je suis publiquement exposé. Mais j’ai appris à me mettre au-dessus de cela » , nous dit-il.

Dans ce sens, le choix de son nom de scène n’est pas fortuit. « Il s’agit d’une allusion à Guillaume Le Conquérant, que j’ai voulu reprendre comme exemple de résilience. Appelé également ‘Guillaume le bâtard’ car fils naturel de Robert Le Magnifique, il n’a pas pu être roi de France, mais il a remporté de nombreuses batailles et a été couronné en Angleterre, en 1066 » , nous explique Amine Kassid.

Après sa conquête du trône anglais, Guillaume sera le fondateur d’un puissant royaume anglo-normand et fera construire plusieurs édifices. « J’ai voulu choisir une référence historique, mais aussi un nom provocateur assumé ! » , déclare Amine Le Conquérant.

A la croisée de l’Histoire et de la formation des jeunes

Dans une démarche d’ouverture, de partage et de formation en situation réelle, le processus de préparation de ces capsules en ligne mobilise les élèves qu’Amine forme à l’audio-visuel, dans le cadre de l’association 1789. « Etant diplômé moi-même en cinéma, je les accompagne gratuitement au sein de l’association, puis je les fais participer aux tournages » , explique-t-il à notre rédaction.

En plus de l’encadrement et de l’accompagnement des jeunes, l’association 1789 organise des master class, avec les interventions de spécialistes et de professionnels des métiers de l’audio-visuel, mais aussi des projections de courts-métrages et de reportages et salles, en partenariat avec les cinémas UGC.

Sur le temps long, Amine Kassid apprécie le fruit de ce labeur. Il confie à Yabiladi sa fierté de voir que parmi les bénéficiaires, « certains sont devenus aujourd’hui des journalistes travaillant à l’étranger, ou encore des réalisateurs primés dans des festivals » . Désormais, son ambition est de pouvoir relater l’Histoire de son pays d’origine, le Maroc, en reprenant le concept de ses vidéos tournées en France.

Source de l’article : Yabiladi.com

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