Diaspo #375 : Mohamed Ghazali créé des passerelles par la politique et l’entrepreneuriat
De Nador à Nancy, des bancs de l’école à la politique locale, Mohamed Ghazali a tracé un parcours exceptionnel, capitalisant sur sa double culture pour créer des passerelles entre le Maroc et l’Europe.
Mohamed Ghazali est né au Maroc, où il a grandi dans un environnement familial qu’il décrit comme « chaleureux et basé sur des valeurs solides » . Il a passé son enfance à Nador, où il a fréquenté l’école primaire, à Berkane pour le collège, et à Oujda pour le lycée. Après son baccalauréat scientifique en 1988-1989, il a pris son envol pour la France, où il a poursuivi ses études supérieures, poussé par une forte volonté de réussir et de s’ouvrir à de nouveaux horizons.
Mohamed raconte à Yabiladi que les premières années en France ont été « marquées par la nostalgie, car le Maroc [lui] manquait beaucoup, de même que [ses] parents, [sa] famille, le soleil, les sourires et la générosité des gens » . Il se souvient que la distance a renforcé sa « détermination à aller de l’avant avec autant discipline et de persévérance que possible » .
Après son diplôme en pharmacie, il a élargi sa formation au droit, à l’économie et au commerce international. Parallèlement à sa carrière universitaire, il est entré tôt dans le monde des affaires, où il s’est investi dans la mode féminine. « Cette passion m’a naturellement conduit à créer ma propre marque ‘Côté Sud’ » , nous dit-il.
L’ambition de Mohamed Ghazali ne s’est pas limitée à la réussite personnelle. Impliqué dans la vie économique locale, il a rejoint l’organisation régionale des commerçants au début des années 2000. « Cet engagement m’a conduit à assumer la présidence de la branche locale, puis la présidence régionale, avant de rejoindre le conseil d’administration et le bureau national » , déclare-t-il.
Le travail communautaire, le sport et la politique
Croyant en l’importance du travail communautaire pour renforcer les liens entre les deux rives, Mohamed Ghazali a fondé l’association Rencontres France-Maroc à Strasbourg, qu’il préside actuellement. Il a également présidé l’association Initiative France-Maroc, avec un objectif clair : « encourager l’investissement au Maroc, soutenir des projets, et organiser des séminaires économiques, scientifiques, culturels et sportifs pour mettre en lumière le potentiel du royaume. » Il explique que par le biais des deux associations, il essaie « de renforcer les ponts entre la recherche scientifique, l’innovation et l’entrepreneuriat, de structurer des projets euro-africains avec un fort impact territorial, et de continuer à organiser des rencontres thématiques réunissant tous les acteurs » . « L’innovation est le moyen le plus fort pour rapprocher les deux continents, à condition qu’elle soit pensée, construite et portée conjointement » , a-t-il déclaré.
Les intérêts de Mohamed Ghazali s’étendent au sport, où il a assumé la présidence de l’Académie Internationale de Judo Franco-Marocaine. « J’ai formé des partenariats avec la Fédération royale marocaine de Judo et arts martiaux et la Fédération française de judo, pour promouvoir la discipline au Maroc et renforcer sa présence internationale » , nous a-t-il déclaré.
Mohamed Ghazali s’est également lancé dans l’action politique, en fondant le parti local Nancy’nov en 2019. « J’ai ensuite fusionné cette formation avec les Verts pour former une alliance avec le Parti socialiste lors des élections, visant à mettre en lumière la position de la communauté marocaine en particulier, et des communautés étrangères en général » , a-t-il dit.
En 2020, ce parcours l’a conduit « à être élu à la municipalité de Nancy, devenant un responsable républicain chargé des affaires internationales » , une tâche qu’il continue de remplir à ce jour. « Cette riche expérience politique a approfondi ma réflexion sur la manière de contribuer au développement de mon pays d’origine et de rendre une partie de ce qu’il m’a donné. » Ghazali admet que le parcours d’un responsable politique d’origine marocaine en France n’est pas facile. Mais la persévérance, le sérieux et le travail assidu restent, à son avis, les véritables clés du succès. Il affirme que s’il a la chance de refaire l’expérience, il le ferait sans hésitation.
Il laisse entendre à Yabiladi qu’il « préparait un engagement politique au Maroc » , sans en révéler les détails.
Source de l’article : Yabiladi.com



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