Dette du Trésor : Un profil maîtrisé en 2024
Gestion de la dette
En dépit des pressions monétaires internationales, la DTFE souligne une maîtrise de la dette du Trésor marocain : coût contenu, durée de vie record, part réduite de la dette à taux variables et recours aux opérations de gestion active pour soutenir des projets d’investissement public… Autant d’éléments qui ont marqué l’exercice 2024.
Malgré un contexte international marqué par le durcissement des politiques monétaires, la dette du Trésor présente un profil maîtrisé en 2024. Une trajectoire confirmée dans le rapport d’activité 2024 de la Direction du Trésor et des finances extérieures (DTFE). En 2024, le coût moyen de la dette du Trésor s’est élevé à 3,96%, enregistrant une hausse de 64 points de base par rapport à l’année précédente. « Cette évolution s’explique par la hausse du coût moyen aussi bien de la dette intérieure et de la dette extérieure de près de 66 points de base et 52 points de base respectivement » , indique la DTFE. Et de préciser que « ces hausses traduisent l’impact des politiques monétaires restrictives menées aussi bien par BAM que par la FED et la BCE, entre 2022 et 2024, pour contrer les pressions inflationnistes » . Pour ce qui est de la durée de vie moyenne, elle s’est établie à 8 ans et 2 mois à fin 2024, contre 7 ans et 3 mois à fin 2023. Il s’agit en effet du plus haut niveau historique observé. En expliquant cette hausse, la DTFE relève l’augmentation de la durée de vie moyenne de la dette intérieure. Elle s’est en effet appréciée de 1 an et 3 mois pour s’établir à 7 ans et 11 mois contre une stabilité de celle de la dette extérieure s’établissant à 9 ans.
Une évolution qui s’explique principalement par les conditions de financement favorables ayant prévalu sur le marché domestique et qui ont permis à la DTFE de reconstituer des marges et de réduire l’exposition du portefeuille de la dette du Trésor au risque de refinancement tout en maîtrisant le coût de financement. En ce qui concerne le risque de taux d’intérêt, il est apprécié, selon la DTFE, à travers la part de la dette nécessitant un refixing (refixation du taux d’intérêt) plus la part de la dette à taux variables. Ainsi, la dette du Trésor nécessitant une refixation de son taux d’intérêt s’est établie à près de 224,8 milliards de dirhams en 2024, soit 20,8% de l’encours de la dette du Trésor, enregistrant ainsi une baisse de 1,0% par rapport à fin 2023. Pour ce qui est de la part de la dette à taux d’intérêts variables dans le portefeuille de la dette du Trésor, elle s’est élevée à 10,5% contre 11,4% enregistrée à fin 2023, soit une baisse de 0,9%. « Ainsi, la dette du Trésor reste principalement à taux fixe, ce qui est de nature à limiter l’exposition du portefeuille de la dette au risque de taux et contribue à la maîtrise de son coût moyen » , souligne la DTFE.
Dette intérieure : 51,9 milliards de dirhams mobilisés
En ce qui concerne la gestion active de la dette intérieure, 9 opérations ont été réalisées en 2024 dont 8 opérations d’échange de Bons du Trésor et une seule opération de rachat. Le montant total traité s’est établi à 51,9 milliards de dirhams dont 44,8 milliards de dirhams au titre des opérations d’échanges de BDT et 7,1 milliards de dirhams au titre de l’opération de rachat. « Les opérations de gestion active de la dette intérieure ont permis d’atténuer le risque de refinancement à travers la réduction des tombées de la dette du Trésor des mois concernés par lesdites opérations de près de 3,1 milliards de dirhams en moyenne par mois en 2024 et de près de 3,9 milliards de dirhams en moyenne par mois en 2025.
De plus, l’opération de rachat réalisée en fin d’année a permis la réduction du ratio d’endettement de près de 0,5 point du PIB » , peut-on lire du rapport d’activité de la DTFE. Et de poursuivre : « En plus de ces résultats quantitatifs, les opérations de gestion active de la dette intérieure ont également eu un impact qualitatif sur la gestion de la dette en permettant au Trésor de lisser ses besoins de trésorerie sur toute l’année et de mieux gérer sa politique d’émission » .
La conversion de la dette extérieure en investissements publics s’accélère
Pour ce qui est de la dette extérieure, la DTFE assure que les opérations de gestion active ont porté sur la poursuite des actions relatives aux programmes de conversion de dettes en investissements publics. On cite 120.000 DH dans le cadre du dernier accord de conversion de dettes en investissements publics conclu avec l’Italie. Ce montant a été dédié au financement des projets de préservation du patrimoine culturel à travers la restauration et l’aménagement des sites archéologiques de Volubilis, Chellah et Lixus. « Le cumul des montants convertis au titre du programme de conversion conclu avec l’Italie a atteint 90% de l’enveloppe (15 millions d’euros) dédiée à ce programme » , souligne la DTFE. On note également l’affectation de 50,1 millions de dirhams au financement d’un projet d’efficacité énergétique en éclairage public dans la ville de Fès et ce dans le cadre du programme de conversion de dettes en investissements publics conclu avec l’Espagne.
Par ailleurs, une demande d’utilisation du reliquat dudit projet (1,6 million) a été exprimée par la commune de Fès, pour la réalisation de prestations complémentaires similaires conformément à la convention signée entre le ministère de l’économie et des finances et ladite Commune. A cela s’ajoute un montant de 114,7 millions de dirhams qui a été affecté, dans le cadre du même programme, au financement du projet de construction et d’équipement d’une cité universitaire à Ouarzazate.
Trésorerie de l’État : 1.452 milliards de dirhams placés en 2024
Concernant la gestion active de la trésorerie publique, la DTFE recourt, depuis 2010, aux placements des disponibilités du Compte courant du Trésor (CCT) sur le marché monétaire dans l’objectif d’optimiser la gestion des deniers publics en s’assurant que l’État dispose à tout moment et en toutes circonstances des fonds suffisants pour honorer ses engagements financiers et en évitant d’avoir un solde débiteur en fin de journée. Au titre de l’année 2024, la DTFE a procédé au placement d’un volume cumulé de près 1.451,9 milliards de dirhams auprès des banques. La rémunération moyenne obtenue par la DTFE au titre des opérations de placement s’est établie à 2,84%. Pour les opérations de prise en pension, cette rémunération a été de 2,833%. Comparé à l’indice MONIA publié par BAM (2,815%), ce taux a enregistré une performance de près de +1,7 points de base. Concernant les opérations de dépôts à blanc, le taux moyen des placements a atteint 2,907%, soit une performance de près de +1,9 points de base par rapport au taux de référence interbancaire publié par BAM (2,888%).
En outre, la DTFE a réalisé une seule opération d’emprunt interbancaire pour un montant de 2,5 milliards de dirhams en 2024, assortie d’un taux moyen de 3 %. Grâce au recours quotidien aux opérations de placement sur le marché monétaire, la DTFE a pu réduire le niveau du solde du CCT de près de 18,2 milliards de dirhams en moyenne par jour en 2024 s’établissant à 6,9 milliards de dirhams en moyenne quotidienne contre 25,1 milliards de dirhams hors opérations de trésorerie.
Source de l’article : Aujourd'hui le Maroc



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