Détroit de Gibraltar : Une intervention d’urgence évite une pollution maritime
Le détroit de Gibraltar a été confronté, à partir du jeudi 22 janvier 2026, à un risque environnemental majeur à la suite de l’immobilisation du pétrolier Chariot Tide. L’incident a nécessité une mobilisation coordonnée des autorités marocaines et espagnoles. L’opération de remorquage, achevée le dimanche 25 janvier, a permis d’écarter la menace d’une pollution maritime dans l’un des corridors maritimes les plus fréquentés au monde.
Zone de convergence entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée, le détroit de Gibraltar constitue une artère stratégique pour le commerce international et un écosystème marin particulièrement sensible. L’immobilisation du Chariot Tide dans ce passage étroit a immédiatement suscité une vigilance accrue, compte tenu des enjeux environnementaux et de sécurité maritime propres à cette zone.
Selon les informations disponibles, le navire a subi une défaillance technique combinée à des conditions météorologiques défavorables. Long de 195 mètres et transportant plus de 425 000 barils de produits pétroliers raffinés, le pétrolier s’est retrouvé en situation de dérive contrôlée, faisant craindre un échouement susceptible d’entraîner une pollution aux hydrocarbures. Face à ce risque, les autorités maritimes marocaines et espagnoles ont activé leurs dispositifs d’intervention d’urgence.
La gestion de l’incident a reposé sur une coordination transnationale étroite. Après plus de vingt-sept heures d’immobilisation, une opération de remorquage complexe a été engagée afin d’éloigner le navire de la zone de trafic dense. Menée du samedi soir au dimanche matin, cette manœuvre a permis de sécuriser le pétrolier et de prévenir tout déversement accidentel.
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Selon des sources, le navire représentait un risque réel pour la sécurité maritime et l’environnement. L’opération a mobilisé quatre remorqueurs marocains, tandis que le navire de sauvetage espagnol Luz de Mar a été placé en alerte, illustrant la réactivité des autorités riveraines face à un danger environnemental potentiel.
Au-delà de l’incident technique, certains observateurs soulignent que le Chariot Tide est classé parmi des navires parfois qualifiés de « flotte fantôme » , une appellation utilisée pour désigner « des pétroliers opérant sous pavillons de complaisance et aux structures de propriété peu transparentes » . Selon des analyses relayées par plusieurs médias internationaux, ce type de navires est régulièrement évoqué dans le contexte du transport d’hydrocarbures soumis à des restrictions ou sanctions internationales. Les autorités concernées n’ont toutefois pas communiqué officiellement sur le statut juridique précis du navire.
Le remorquage a permis de diriger le pétrolier vers la mer d’Alboran, en dehors de la zone de séparation du trafic maritime (TSS), un dispositif encadré par l’Organisation maritime internationale et révisé conjointement par le Maroc et l’Espagne en 2007. Cette intervention a mis en évidence l’efficacité des mécanismes de coopération et des protocoles de prévention des pollutions maritimes en vigueur.
Si le risque immédiat a été écarté, cet incident rappelle néanmoins la nécessité d’une vigilance constante dans le détroit de Gibraltar. La densité du trafic, la sensibilité écologique de la zone et la diversité des navires en transit imposent une coordination permanente entre les États riverains afin de préserver durablement l’intégrité environnementale de ce passage stratégique.
Source de l’article : Maroc Diplomatique



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