Des mesures pour stabiliser le prix de la sardine pour Ramadan

À l’approche du mois de Ramadan, plusieurs mesures ont été mises en place afin de contenir les prix de la sardine et d’assurer un approvisionnement régulier du marché national. Ces actions visent à maintenir un niveau de prix accessible pour les consommateurs, en particulier dans un contexte où la demande s’intensifie.

Parmi les dispositifs adoptés, figure l’interdiction d’exporter la sardine congelée, dans le but de privilégier l’offre locale. Une autre initiative prévoit la suspension de l’utilisation de sardines entières propres à la consommation pour la production de farine et d’huile de poisson, renforçant ainsi l’orientation de la ressource vers le circuit alimentaire.

La campagne « Le poisson à un prix raisonnable » a également été relancée. Elle permet de diversifier l’offre en produits de la mer, qu’ils soient frais ou surgelés, avec une attention particulière portée à la sardine. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large destinée à stabiliser le marché, tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages.

Le département de tutelle se prépare par ailleurs à la reprise de la pêche dans les ports d’Agadir, Sidi Ifni, Tan-Tan, Tarfaya et Laâyoune, prévue dès la fin de la période de repos biologique, fixée du 1er janvier au 15 février. Ce repos, qui interdit la pêche des petits pélagiques comme la sardine, est une mesure de gestion halieutique cruciale. Elle protège la phase de reproduction de ces espèces, assure la régénération des stocks et vise à garantir leur durabilité.

Cette décision repose sur des analyses scientifiques menées par l’Institut national de recherche halieutique. Les données collectées permettent d’adapter les efforts de pêche aux capacités réelles de renouvellement des ressources, dans une logique de durabilité à moyen et long termes.

La hausse récente des prix de la sardine s’explique en grande partie par cette trêve biologique, conjuguée à des conditions climatiques peu favorables. Les intempéries ont en effet perturbé l’activité dans les ports, réduisant considérablement les débarquements, et donc l’offre sur les marchés. Actuellement, la sardine disponible provient majoritairement du stock congelé ou de cargaisons fraîches débarquées de manière ponctuelle dans les ports du Nord.

Dans ce contexte, le port de Laâyoune joue un rôle central. Il constitue l’un des principaux sites de débarquement de sardine au niveau national, grâce à une flotte côtière active spécialisée. Ce bassin maritime alimente de manière significative les marchés marocains et toute variation d’activité sur ce site impacte directement la disponibilité du produit au niveau national.

La région dispose d’un tissu halieutique dense, avec plus d’un millier de barques de pêche artisanale, 350 navires de pêche côtière et une cinquantaine d’unités de transformation. Mais l’ensemble du secteur reste sensible aux aléas météorologiques, qui continuent de freiner la sortie en mer de nombreux bateaux pour des raisons de sécurité.

Source de l’article : Le Nouvelliste Maroc