Dérapages foot (le billet de Salla GUEYE)

On nous avait pourtant prévenus. Le football ne se joue pas seulement sur le gazon. Il se joue aussi au sommet de l’État, dans les chancelleries et désormais… sur X, Facebook et WhatsApp, terrains glissants s’il en est.

La Can 2025 l’a confirmé. Un ballon mal contrôlé peut finir par déclencher une crise de nerfs transcontinentale. Marocains et Sénégalais, peuples frères, ont prolongé le match bien après le coup de sifflet final.

À défaut de Var pour les réseaux sociaux, chacun a réécrit le scénario, arbitré par des vidéos floues, parfois détournées et des experts autoproclamés.

Oui, la passion a parfois confondu ferveur et fureur, et la fête africaine s’est retrouvée sous escorte diplomatique.

Nous avons tous constaté la volonté de désescalade exprimée par les voix diplomatiques des deux pays, rappelant que le football sert à rapprocher les peuples, pas à tester la solidité des relations bilatérales.

Mais le débat sportif et institutionnel peut se poursuivre sans hausser le ton, dossiers sous le bras plutôt que poings serrés.

Car si le football est géopolitique, la sagesse, elle, reste universelle. Et surtout, aucun trophée ne vaut un carton rouge pour l’Afrique elle-même.

Source de l’article : lesoleil.sn