Déluge et soulagement à Rabat avec la victoire du Maroc pour l’ouverture de la CAN

À la fin de la rencontre, la bande de Walid Regragui est allée saluer les tribunes, mais beaucoup de supporters avaient déjà filé. Pas par dépit ou déplaisir, seulement parce qu’ils avaient pris l’eau, en cette drôle de journée d’ouverture marquée par des averses aussi intenses que les interventions de Sofyan Amrabat au milieu du terrain.

Après l’ouverture du score de Brahim Diaz (55e), le récupérateur du Betis et son camarade Jawad el-Yamiq ont d’ailleurs harangué la foule, réclamant du soutien, de la passion. On peut réellement dater le début de la CAN à ce moment précis, à 21h24, le stade Moulay-Abdellah se consumant de soulagement après la frappe victorieuse du joueur du Real. Jusqu’ici, il avait supporté son équipe plutôt timidement, rapidement douché par le penalty raté de Soufiane Rahimi et la vaillance comorienne, et des sifflets ont accompagné le retour aux vestiaires des deux équipes à la pause.

Le moment le plus émouvant ? Sans doute la présentation des formations au prince héritier Moulay el-Hassan, 22 ans, quelques minutes après un hymne scandé à l’unisson. Le cérémonial a été complet, chaque joueur a serré la main droite du fils du roi Mohammed VI, l’a embrassé au niveau de l’épaule droite, et ce grand fan de football a ensuite posé au milieu du onze marocain. Sous une pluie battante, il a donné le coup d’envoi fictif d’une petite louche et le public l’a acclamé. Le sélectionneur, Walid Regragui, avait espéré une ambiance digne des derbys de Casablanca, où même les enfants de 8 ans se comportent comme des ultras. Il a eu droit, logiquement, à une atmosphère plus feutrée, engoncée dans les enjeux de l’événement.

Aya Nakamura, ponchos et enthousiasme

L’après-midi a été rafraîchi par la pluie, les bonnets, survêtements et autres capes aux couleurs du Maroc ont prestement recouvert les maillots des Lions. Sur le parvis du stade, la sono crache Idiot d’Aya Nakamura, mais Yanis, 6 ans, n’en fait pas partie. Sa mère, Meryem, l’a recouvert d’un poncho plastifié avant de nous donner son pronostic : « 3-0 ! » Pour le Maroc, bien sûr.

À quelques encablures, devant la fan-zone officielle de Rabat, Imran, 10 ans, taquinait le ballon entre deux flaques d’eau. En tenue de la sélection, le crâne teint en rouge et le drapeau du Maroc sur le dos, il nous a fait geler, et Zohra, sa mère, a soupiré : « Et encore, je lui ai mis un sous-pull, il ne voulait pas, il se croyait l’été… » Ce petit gars, gardien émérite du club de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), a avoué son admiration pour Yassine Bounou. Et comme son idole, les rideaux d’eau de Rabat ne l’ont pas anesthésié.

Source de l’article : L'Équipe