De la Normandie à la fin du protectorat au Maroc : on a lu « Les Courants d’arrachement » , premier roman d’Élise Lépine
Ni larme, ni baiser
Le père Blanchère n’avait pas hésité à laisser ses filles aux Rouge. Il n’hésite pas à les reprendre. Même dépassé avec cette ribambelle d’enfants – les siens, ceux de sa seconde épouse et ceux qu’il a faits avec elle, plus de 12, c’est sûr… La campagne normande est pauvre, on a trop de peine à vivre pour manifester ses sentiments. Personne pour réprimer les élans de Gustave, un garçon en mal de tendresse. Personne pour essuyer une larme. Ni pour un baiser. Peut-être, pourtant, l’ébauche d’un chagrin paternel, dans une église, devant le corps de Zélie…
Des années 1930 à la fin du protectorat français au Maroc – une partition un brin durassienne –, au fil de ses deux mères de substitution, l’une aimante, l’autre écorchée par l’absence de vraie maternité, Reine, elle-même mère désormais, se demande si la vie l’a condamnée à perdre tous ceux qu’elle aime. À se cacher de ses vrais sentiments. À toujours revenir comme la mer, comme les souvenirs, sur l’estran.
Source de l’article : Sud Ouest



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