Davos 2026 : Ali Seddiki expose les atouts du Maroc face aux recompositions du commerce mondial

À Davos, le directeur général de l’AMDIE, Ali Seddiki, a défendu la proposition de valeur du Maroc comme plateforme industrielle et commerciale stable, connectant l’Europe, l’Afrique et les marchés mondiaux, dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur internationales

À l’occasion du Forum économique mondial de Davos, Ali Seddiki, directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), a livré, le 21 janvier, une intervention structurante sur la place du Maroc dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales.

Prenant la parole lors de la séance Invest in Morocco : Driving Innovation and Global Competitiveness, organisée par l’AMDIE et animée par Euronews, il a présenté le Royaume comme une plateforme industrielle et commerciale stable, compétitive et pleinement intégrée aux flux internationaux reliant l’Europe, l’Afrique et le reste du monde.

Une trajectoire de transformation engagée depuis 1999

Devant un parterre d’investisseurs et de décideurs économiques réunis à Davos, Ali Seddiki est revenu sur la transformation structurelle engagée par le Maroc depuis la fin des années 1990. Il a rappelé qu’en 1999, une partie du territoire national n’était pas encore électrifiée, soulignant le chemin parcouru depuis lors. Aujourd’hui, le pays dispose d’infrastructures de premier plan, d’un réseau logistique performant et d’une base industrielle diversifiée, fruits d’une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État et d’une capacité d’exécution éprouvée sur le terrain.

S’adressant directement aux investisseurs internationaux, le directeur général de l’AMDIE a insisté sur la nécessité de comprendre l’ampleur de cette mutation. Selon lui, Davos constitue un moment privilégié pour présenter la proposition de valeur du Maroc, non seulement en raison de la concentration de décideurs, mais aussi parce que le forum se tient dans un contexte de recomposition accélérée des routes commerciales et des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Stabilité, ouverture commerciale et accès aux marchés mondiaux

Au cœur de son intervention, Ali Seddiki a mis en avant les fondamentaux institutionnels du Royaume, citant la stabilité politique, la prévisibilité des règles et l’ouverture commerciale comme piliers de l’attractivité marocaine. Il a rappelé que le Maroc est lié par des accords de libre-échange avec plus de 90 pays, offrant aux investisseurs un accès potentiel à un marché de plus de 2,5 milliards de consommateurs.

À ces éléments s’ajoute un facteur démographique souvent mis en avant par les autorités économiques : une population jeune, avec un âge moyen d’environ 29 ans, dans un contexte international marqué par le vieillissement de nombreuses économies avancées. Pour Ali Seddiki, cet atout humain constitue un levier décisif pour attirer des projets industriels et technologiques à forte valeur ajoutée.

Transition énergétique et compétitivité industrielle

La question énergétique a occupé une place centrale dans la présentation marocaine. Le directeur général de l’AMDIE a souligné que les énergies renouvelables représentent désormais plus de 40 % du mix électrique national. Grâce à un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés de la région, le Maroc est en mesure de proposer des coûts d’électricité verte particulièrement compétitifs à l’échelle mondiale.

Dans un contexte international marqué par les tensions sur les marchés énergétiques et par la montée des exigences environnementales, cet avantage permet au Royaume de se positionner comme une base industrielle compatible avec les objectifs de décarbonation des grands groupes internationaux. Ali Seddiki a ainsi présenté la transition énergétique non comme une contrainte, mais comme un levier stratégique d’attractivité.

Capacité d’exécution et exemples concrets

Pour illustrer la capacité du Maroc à concrétiser rapidement des projets d’envergure, Ali Seddiki a cité l’exemple du groupe Stellantis. En l’espace de deux ans, a-t-il expliqué, un terrain vierge a été transformé en une zone industrielle de rang mondial, démontrant la rapidité d’exécution et la coordination des acteurs publics et privés.

Cette capacité à passer rapidement de la décision à la réalisation constitue, selon lui, un facteur différenciant majeur dans un environnement international où les retards administratifs et les goulets d’étranglement logistiques pèsent lourdement sur les stratégies d’investissement.

Réformes, incitations et écosystème entrepreneurial

L’intervention d’Ali Seddiki s’est inscrite dans un cadre plus large de discussions sur les partenariats durables et l’attractivité des territoires. Plusieurs intervenants ont souligné la pertinence de la position géographique du Maroc à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’Atlantique, dans un contexte de perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les échanges ont également mis en lumière les réformes engagées ces dernières années pour améliorer le climat des affaires, notamment la nouvelle charte de l’investissement et les mécanismes de soutien public pouvant couvrir jusqu’à 30 % des dépenses éligibles. Les zones d’accélération industrielle, avec leurs avantages fiscaux, leurs procédures simplifiées et leurs infrastructures dédiées, ont été présentées comme des instruments clés de cette stratégie.

Enfin, Ali Seddiki et les participants à la session ont souligné que l’écosystème des start-ups marocain reste souvent sous-estimé à l’international, malgré la présence de talents compétitifs et de projets capables de s’insérer dans des marchés mondiaux exigeants.

Le Maroc, hub crédible dans un monde en recomposition

À Davos, l’intervention du directeur général de l’AMDIE a ainsi dessiné le portrait d’un Maroc positionné comme hub crédible dans un monde en recomposition. Entre stabilité institutionnelle, ouverture commerciale, transition énergétique et capacité d’exécution, le Royaume entend capitaliser sur ses atouts pour attirer des investissements industriels et technologiques de nouvelle génération, au moment même où les entreprises redéfinissent leurs implantations et leurs chaînes de valeur à l’échelle globale.

Source de l’article : Le Desk