Croissance au Maroc : la Banque mondiale table sur 4,4 % en 2026 et 2027
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Des conditions météorologiques favorables ont permis une reprise de la production agricole au Maroc, mais la croissance est appelée à fléchir en raison du tassement de l’essor de l’activité agricole et manufacturière.
La croissance dans la région MENA devrait se raffermir pour atteindre 3,6 % en 2026, puis 3,9 % en 2027, sous l’effet principalement de l’accélération de l’activité dans les pays exportateurs de pétrole. Cette dynamique sera soutenue par le redressement de la croissance des exportations, avec le retour d’une contribution positive des exportations nettes en 2026-2027, ainsi que par une progression plus vigoureuse des investissements privés, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale.
Les prévisions pour 2026 et 2027 ont été légèrement revues à la baisse par rapport à celles établies au mois de juin. Cette baisse des projections s’explique principalement par l’augmentation plus importante que prévu de la production d’or noir des grands pays pétroliers en 2025 et, par conséquent, par l’anticipation d’une expansion moindre en 2026-2027.
La croissance dans les pays du CCG devrait s’accélérer pour atteindre 4,4 % en 2026 et 4,6 % en 2027, à la faveur principalement de la progression régulière de l’activité hors hydrocarbures, conjuguée à la hausse de la production pétrolière et gazière. Le taux de croissance des pays exportateurs de pétrole non membres du CCG devrait rester faible et ressortir à 2 % par an en moyenne sur la période 2026-2027. En cause, un ralentissement de l’activité dans un contexte de durcissement des restrictions commerciales et d’amenuisement du soutien budgétaire dans certains pays.
Chez les pays importateurs de pétrole, la croissance devrait augmenter légèrement pour atteindre en moyenne 4 % par an en 2026-2027, avec toutefois des variations notables en fonction des économies. En Égypte, les projections tablent sur une accélération de la croissance grâce à des exportations nettes robustes et une demande privée plus vigoureuse. Au Pakistan, la reprise de la production agricole et les activités de reconstruction après la série d’inondations de 2025 devraient stimuler la croissance. Au Maroc et en Tunisie, en revanche, la croissance est appelée à fléchir en raison du tassement de l’essor de l’activité agricole et manufacturière. À Djibouti, l’activité économique devrait croître à un rythme régulier sur la période 2026-2027, portée principalement par le développement de grands projets d’infrastructure. Les perspectives des économies en situation de conflit et de fragilité restent extrêmement incertaines. Au Liban, le renforcement attendu de la croissance repose sur l’hypothèse d’avancées dans les réformes. Pour la Cisjordanie et Gaza, les prévisions tablent sur une remontée de la croissance en 2026-2027, en supposant que la reconstruction débute cette année.
Les principaux risques de dégradation des perspectives de croissance régionales résident dans une recrudescence des conflits armés, une montée des violences et des troubles sociaux, resserrement des conditions financières mondiales, une poursuite de l’intensification des restrictions commerciales et incertitude mondiale accrue en matière de politique commerciale, et la survenue de catastrophes naturelles plus fréquentes ou plus intenses. Pour les pays exportateurs de pétrole, des prix pétroliers plus faibles que prévu ou plus volatils pourraient également freiner la croissance. D’autres facteurs pourraient toutefois tirer les taux de croissance vers le haut, notamment des gains de productivité d’origine technologique plus élevés qu’anticipé et un engagement accru en faveur de réformes structurelles.
Source de l’article : EcoActu.ma



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