Coût du panier de Ramadan : Le Maroc affiche une stabilité relative dans une région arabe sous tension
Alors que l’inflation fragilise le pouvoir d’achat dans plusieurs capitales arabes, le marché marocain semble tirer son épingle du jeu. Selon des données récentes comparant dix pays de la région, le Royaume maintient un équilibre précaire mais notable entre les prix des denrées de base et le salaire minimum, malgré la persistance de tensions sur certains produits frais.
Le Maroc parmi les marchés les plus stables
L’analyse des coûts de la table de Ramadan révèle des disparités frappantes. Au Maroc, le coût du panier alimentaire de base pour ce mois sacré est estimé à environ 287,5 dirhams (31,63 $). Rapporté au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), qui s’élève à 3 400 dirhams (374 $), ce panier représente une part maîtrisée du revenu mensuel, contrairement à d’autres nations de la région.
Sur le terrain, les prix des produits de grande consommation affichent une certaine inertie. Le kilogramme de farine se négocie à 6 DH, le sucre à 6,5 DH et l’huile végétale à 16 DH le litre. Si le poulet reste accessible à 15 DH/kg, la viande ovine (120 DH/kg) et les dattes (50 DH/kg) constituent les postes de dépense les plus lourds pour les ménages. « Les prix des produits de base n’ont pas connu de changement notable avec l’entrée du mois sacré » , témoigne Yassine, commerçant local. Un constat partagé par les consommateurs, bien que la hausse saisonnière des légumes, des fruits et du poisson — dopée par une forte demande — reste un point de vigilance pour les budgets modestes.
Grand écart régional : Le Liban et l’Égypte sous pression
Le rapport souligne des situations critiques ailleurs. Au Liban, l’effondrement monétaire rend le coût de la vie insoutenable : le panier atteint 4,22 millions de livres pour un salaire minimum de 27 millions, dévorant l’essentiel des revenus. En Égypte, bien que le panier soit le moins cher en valeur absolue (19,30 $), l’inflation galopante force les familles à réduire drastiquement leurs quantités de viande.
À l’inverse, les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite affichent une sérénité portée par un pouvoir d’achat élevé (salaire minimum à 800 $) et des initiatives de solidarité structurées, comme la distribution de paniers alimentaires aux familles nécessiteuses.
Vers une souveraineté de la consommation ?
Pour les observateurs nationaux, cette stabilité relative des prix au Maroc, malgré un contexte international instable, repose sur une offre locale diversifiée. Toutefois, le défi reste la maîtrise des circuits de distribution pour éviter les pics spéculatifs sur les produits périssables (poissons et légumes), qui impactent directement le ressenti des ménages durant cette période de forte consommation.
En conclusion, si le « poids » du Ramadan reste réel pour les bourses arabes, le consommateur marocain bénéficie pour l’instant d’une résilience des produits de base, contrastant avec les crises inflationnistes aiguës qui frappent ses voisins.
Source de l’article : Industrie du Maroc



Laisser un commentaire