Compétitivité durable : le Maroc confirme ses fondamentaux
Le classement du Maroc dans le GSCI 2025, indice qui évalue la capacité des pays à créer et maintenir une prospérité durable au-delà des seuls indicateurs économiques, met en lumière un pays solidement ancré dans la moyenne mondiale, disposant de leviers réels pour améliorer sa compétitivité durable. Le principal enjeu réside toutefois dans la capacité à accélérer les réformes structurelles, à investir massivement dans le capital humain et à préserver les ressources naturelles, afin de transformer les acquis actuels en avantage stratégique à long terme.
Le Maroc se classe 84ᵉ mondial dans l’édition 2025 du Global Sustainable Competitiveness Index (GSCI), élaboré par le think tank SolAbility, avec un score de 46,82 points, très proche de la moyenne mondiale établie à 46,8. Ce positionnement intermédiaire reflète une trajectoire de développement marquée par des acquis structurels réels, mais aussi par des fragilités persistantes qui freinent l’ascension du Royaume vers le peloton de tête des économies émergentes les plus résilientes .
Conçu comme une alternative aux indicateurs purement économiques, le GSCI, qui repose sur plus de 250 indicateurs quantitatifs couvrant six piliers clés ( capital naturel, efficacité des ressources, capital social, capital intellectuel et d’innovation, soutenabilité économique et gouvernance ), évalue la capacité des États à produire une prospérité durable en s’appuyant sur six piliers : capital naturel, efficacité des ressources, capital social, capital intellectuel et d’innovation, soutenabilité économique et gouvernance. Dans ce cadre multidimensionnel, le Maroc présente un profil contrasté.
Sur le plan du capital intellectuel, le Royaume figure parmi les pays africains les mieux classés, occupant la 62ᵉ place mondiale. Cette performance traduit les progrès réalisés en matière d’éducation, de formation supérieure et d’infrastructures d’innovation, tout en soulignant l’émergence progressive d’un écosystème orienté vers les activités à valeur ajoutée. Toutefois, à l’échelle internationale, cet acquis demeure insuffisant pour rivaliser avec les pôles asiatiques ou européens, où l’investissement en recherche et développement reste nettement supérieur.
Le capital naturel constitue en revanche un point de vigilance majeur. Comme d’autres pays soumis à un climat aride et à une pression démographique croissante, le Maroc subit une contrainte structurelle liée à la rareté des ressources hydriques et à la vulnérabilité des écosystèmes. Le rapport souligne que ces facteurs pèseront de plus en plus lourdement sur la soutenabilité économique si les politiques de préservation et d’efficience ne sont pas renforcées.
En matière d’efficacité des ressources, le Royaume se situe dans une zone médiane. Les gains observés restent modestes, mais ils traduisent une transition graduelle vers une utilisation plus rationnelle de l’énergie et de l’eau, dans un contexte mondial où la pression sur les matières premières et le climat s’intensifie.
Sur le volet social, le Maroc affiche des résultats mitigés. L’amélioration de certains indicateurs de santé et de stabilité contraste avec des disparités persistantes en matière d’accès aux services et d’égalité des chances, autant d’éléments qui influencent directement la cohésion sociale et la productivité à long terme.
Enfin, la gouvernance demeure un déterminant clé de la compétitivité durable. Le rapport rappelle que, dans les pays en développement, la qualité des institutions, l’efficacité réglementaire et la cohérence des politiques publiques conditionnent largement la capacité à transformer les potentialités en croissance inclusive.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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