Collusion avec Jerando: un dirigeant d’entreprise condamné à cinq ans de prison à Casablanca
La chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’Aïn Sbaâ, à Casablanca, a rendu son verdict vendredi 23 janvier dans l’affaire mettant en cause Mohamed Saad Erraji, dirigeant de société poursuivi pour collusion avec le fugitif multirécidiviste Hicham Jerando. Le prévenu a été reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 20.000 dirhams.
Cette condamnation s’inscrit dans un dossier judiciaire plus large, alors que les activités de Hicham Jerando ont déjà donné lieu à de lourdes poursuites civiles au Canada. Par un jugement rendu le 14 juillet 2025, la Cour supérieure du Québec a condamné Jerando à verser près de 165.000 dollars canadiens (environ 1,22 million de dirhams) à Me Adil Saïd Lamtiri, avocat au barreau de Casablanca, en réparation de propos jugés diffamatoires diffusés sur Facebook, TikTok et YouTube.
Dans sa décision, la juridiction québécoise relève que le défendeur « a propagé des faussetés sans aucune vérification, amplifiant des informations glanées auprès de sources isolées et agissant avec l’intention de nuire » . Le tribunal souligne que les publications incriminées ont cumulé plusieurs millions de vues sur YouTube. Il estime que « la gravité des propos, la réputation de la victime et l’ampleur de la diffusion » justifient l’octroi de 70.000 dollars canadiens au titre du préjudice moral, 85.000 dollars à titre de dommages punitifs et 9.514 dollars pour les pertes financières subies.
La Cour a en outre ordonné à Hicham Jerando de retirer l’ensemble des contenus litigieux et lui a interdit toute rediffusion de propos similaires. Elle a toutefois écarté l’obligation de publier le jugement sur sa chaîne, estimant qu’une telle mesure « risquerait de raviver les tensions et de susciter une nouvelle vague de commentaires » . La décision fait également état d’un « mépris flagrant » de Jerando à l’égard des ordonnances d’injonction interlocutoire, rappelant qu’un refus antérieur de s’y conformer avait conduit à une condamnation pour outrage au tribunal en janvier 2024.
Au Québec, Hicham Jerando fait par ailleurs l’objet d’une autre action civile, d’un montant de deux millions de dollars canadiens, intentée par Najim Bensami, ancien procureur général du roi et aujourd’hui conseiller, après des propos dans lesquels Jerando aurait appelé à son exécution à plusieurs reprises.
Au Maroc, plusieurs proches du fugitif ont déjà été condamnés en mai 2025 par le tribunal correctionnel d’Aïn Sbaâ pour leur implication présumée dans des faits de chantage et de diffamation, à des peines allant de deux mois de prison avec sursis à trois ans d’emprisonnement ferme.
Source de l’article : lareleve.ma



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