Chronique Hebdo. Beaucoup de bruits pour peu de points
Cette dernière séquence résume bien le mois de janvier qui s’achève (-0,95%) donc sur un climat anxieux, hésitant et volatil.
Dans le détail, les échanges sur le marché central actions tombent à 8,54 Mds DH, contre 12 Mds DH, le même mois, un an plus tôt. Et surtout, on ne retrouve pas la même rotation puisqu’on compte 22,4 millions de titres échangés, contre 58,7 millions en janvier 2025. Trois fois moins d’actions qui changent de mains, ça ne donne pas un marché fragile… mais ça donne un marché plus sensible, où la volatilité a plus d’espace pour faire du bruit.
Comme évoqué dans le précédent débrief hebdomadaire, cette configuration s’explique d’abord par des facteurs internes. La remontée des rendements obligataires a remis la courbe des taux au centre des arbitrages. Le renchérissement du sans-risque a conduit les investisseurs à davantage de sélectivité, avec des prises de position plus mesurées et un horizon d’investissement plus court.
À cela s’ajoute un environnement international toujours instable, tensions géopolitiques, revirements de Trump et épisodes récurrents de risk-off. Sans être le déclencheur systématique des mouvements observés à la Bourse de Casablanca, ce climat contribue à limiter les initiatives et à renforcer les comportements prudents, en particulier dans un mois déjà nerveux.
Le contraste avec janvier 2025 reste donc frappant. L’an dernier, le marché avait enregistré une progression mensuelle de 10%, avec 22 secteurs sur 24 en hausse, dans un mouvement largement partagé. En janvier 2026, la situation est bien différente avec un MASI qui recule de 0,95% sur le mois, et cinq secteurs seulement qui terminent dans le vert. Le leadership s’est concentré, notamment sur les mines (+33%), pendant que le reste s’est contenté de limiter les dégâts ou d’encaisser des corrections.
En gros, la cartographie sectorielle confirme ainsi un changement de régime. Le marché ne se diffuse plus largement; il opère désormais un tri plus strict, avec une moindre tolérance aux dossiers dépourvus de catalyseurs visibles.
Pour autant, cette phase ne remet pas en cause la tendance de fond. Comme le soulignent les stratégistes d’African Financial Investment, le marché évolue toujours dans une configuration de consolidation à l’intérieur d’un bull market. Il s’agit davantage d’un ajustement que d’un retournement. Autrement dit, les fondamentaux restent solides.
En perspectives, février devrait apporter de nouveaux éléments avec le démarrage de la saison des publications trimestrielles (T4), qui remettra une partie les fondamentaux au premier plan. La seconde partie du mois, marquée par l’approche du Ramadan, pourrait en revanche maintenir un rythme plus irrégulier, dans un contexte où la volatilité demeure le principal trait du début d’année.
Source de l’article : Boursenews



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