Chômage au Maroc : Les jeunes toujours les plus touchés en 2025

Le chômage des jeunes demeure à un niveau préoccupant au Maroc. Selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan, près de 38,4 % des 15-24 ans sont sans emploi, un taux presque trois fois supérieur à la moyenne nationale, établie à 13,1 %. En dépit d’un léger recul du nombre global de chômeurs, ramené à 1,62 million en 2025, l’insertion professionnelle des jeunes continue de s’imposer comme l’un des enjeux majeurs du marché du travail.

Alors que le chômage national a légèrement reculé entre fin 2024 et fin 2025, les jeunes restent les plus exposés. Selon le rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP), datant du 6 janvier 2026, le taux de chômage des jeunes est de 38,4, soit à peine moins que l’année précédente, où il atteignait 39,5 %, et bien supérieur à la moyenne nationale de 13,1%. Derrière ces chiffres, se cache la réalité quotidienne de centaines de milliers de jeunes qui peinent à trouver leur place sur le marché du travail.

Au niveau global, le nombre de chômeurs a diminué de 55.000 personnes pour s’établir à 1,69 million, et le taux de chômage a légèrement reculé en ville (16,3%) comme à la campagne (6,9%). Mais ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. La transition entre études et emploi reste un passage semé d’embûches, où la frustration et l’incertitude sont fréquentes.

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Les disparités hommes-femmes sont tout aussi alarmantes. Alors que le chômage des jeunes hommes a légèrement baissé, celui des jeunes femmes a augmenté, atteignant 21,6 %, accentuant une double vulnérabilité liée à l’âge et au genre.

Les diplômés ne sont pas épargnés : le taux de chômage chez eux reste élevé avec 19%, malgré une amélioration pour certains diplômes techniques. Les diplômés du secondaire qualifiant et de l’enseignement supérieur enregistrent, en revanche, une hausse du chômage.

À cela s’ajoutent 1,199 million de personnes en situation de sous-emploi. Il s’agit bien d’une augmentation de 133.000 personnes, par rapport à la même période en 2024. Ce déséquilibre s’explique en grande partie par un décalage entre formations et besoins du marché.

Parmi les facteurs explicatifs figurent notamment des lacunes en matière de compétences comportementales et linguistiques. Les aptitudes en communication, l’autonomie, l’esprit d’équipe ainsi que la maîtrise des langues étrangères demeurent souvent insuffisants. Or, les secteurs qui recrutent en priorité — étroitement liés aux métiers du numérique, notamment l’informatique, la cybersécurité, l’analyse de données et l’intelligence artificielle — requièrent précisément ces compétences transversales. Parallèlement, l’industrie et l’ingénierie, la santé digitale, la finance, la gestion et le business, ainsi que les domaines de la formation et de l’éducation, offrent également des perspectives d’emploi significatives.

Source de l’article : Maroc Diplomatique