Chantier naval de Casablanca : le groupement HD Hyundai

Un briefing matinal sur le chantier naval de Hyundai Heavy Industries à Ulsan, en Corée du Sud. Crédit : SeongJoon Cho/Bloomberg

Le groupe sud-coréen HD Hyundai confirmerait sa place en pole position pour décrocher les droits d’exploitation du futur chantier naval de Casablanca, selon plusieurs articles publiés à Séoul le mercredi 14 janvier. Pour rappel, la division construction navale du conglomérat coréen concourt dans le cadre d’un consortium formé avec la société marocaine d’ingénierie Somagec, une alliance qui renforce nettement son dossier.

Lancé au printemps dernier, l’appel à concurrence a attiré 7 candidats internationaux, parmi lesquels figurent également deux autres poids lourds sud-coréens : Hanwha Ocean et Samsung Heavy Industries. L’évaluation technique est toujours en cours, avec une désignation du lauréat attendue très prochainement.

Le projet du chantier naval de Casablanca vise la création d’une infrastructure lourde, dotée notamment d’une cale sèche de 244 mètres, d’une plateforme de levage de 9 000 tonnes et d’une grue-portique de 450 tonnes. Tirant parti de la position stratégique du Maroc entre Atlantique et Méditerranée, Rabat entend y développer un pôle de maintenance navale à double usage, civil et militaire, capable de capter une demande aujourd’hui largement concentrée en Europe du Sud.

Pour le Maroc, l’enjeu est également industriel et stratégique : ce chantier s’inscrit dans l’objectif de constitution d’une flotte marchande nationale de 100 navires à l’horizon 2040, contre 16 actuellement. Pour HD Hyundai, Casablanca représente une tête de pont idéale vers un hub atlantique au carrefour des routes africaines et européennes, à l’image de ses implantations aux Philippines ou au Vietnam.

Le projet s’intègre plus largement dans la stratégie internationale du groupe sud-coréen, confronté à un carnet de commandes particulièrement chargé – 451 navires à fin mai, soit environ deux ans et demi d’activité. Afin d’absorber cette demande sans alourdir ses investissements, HD Hyundai privilégie des modèles fondés sur l’exploitation de sites existants ou en cours de développement, plutôt que sur la construction de nouveaux chantiers.

Au Maroc, la relance du chantier par l’Agence nationale des ports (ANP), annoncée début avril 2025, a fixé un cadre très sélectif. L’appel impose notamment dix ans d’expérience dans l’exploitation de chantiers comparables, un chiffre d’affaires moyen d’au moins 250 millions de dirhams (MDH) et un groupement dominé à 51 % par l’opérateur principal, des critères qui favorisent les grands acteurs internationaux.

La concession, d’une durée de 30 ans et estimée à 300 MDH, portera sur un site de 21 hectares à l’est du port de Casablanca. La signature du contrat était déjà attendue pour l’été dernier, pour une prise en main progressive, avec en toile de fond l’ambition marocaine de s’imposer comme plateforme de référence pour la réparation navale en Afrique et au-delà.

Source de l’article : Le Desk