Changement climatique : les bios solutions, alternatives aux pesticides

Face à l’urgence climatique, la 2e conférence sur les bio-solutions se tiendra le 5 février 2026, à Marrakech, pour promouvoir des alternatives durables aux pesticides de synthèse. Porté par l’AIENA, cet événement vise à démontrer la faisabilité technique et économique de la régulation naturelle et agents biologiques. Aujourd’hui, l’innovation permet de repenser les pratiques agricoles pour une meilleure performance.

Alors que le secteur agricole mrocain fait face à une urgence climatique sans précédent, marquée par de longs cycles de sécheresse et une pénurie de précipitations, la recherche d’alternatives aux intrants chimiques devient une priorité nationale.

C’est sous cet angle crucial que se tiendra, jeudi 5 février 2026, à Marrakech, la deuxième édition de la conférence sur les bio-solutions et les alternatives biologiques aux pesticides. Aujourd’hui, l’agriculture conventionnelle a atteint ses limites structurelles.

L’usage intensif des pesticides de synthèse, autrefois pilier de la productivité, est aujourd’hui remis en question par la dégradation des sols et les nuisances pour l’environnement, la santé humaine et animale. Aujourd’hui, le marché des pesticides ou produits phytopharmaceutiques est estimé au Maroc à hauteur de 2 MMDH, dont 70% sont destinés essentiellement à l’usage agricole, alors que le reste est orienté vers l’hygiène et l’usage industriel.

Dans ce contexte, les bio-solutions n’apparaissent plus comme une simple option écologique, mais comme un impératif stratégique. En favorisant des mécanismes naturels – tels que le bio contrôle ou les bio stimulants -, les agriculteurs peuvent non seulement restaurer la santé des écosystèmes, mais surtout renforcer la capacité d’adaptation des plantes face aux vagues de chaleur et à la sécheresse persistante, en plus de la recrudescence des maladies et ravageurs.

Régulation naturelle : la faisabilité technique et économique

Portée par l’Association des ingénieurs de l’École nationale d’agriculture de Meknès (AIENA) et la Chambre d’agriculture de Marrakech-Safi, cette rencontre ambitionne de transformer les avancées scientifiques en pratiques de terrain. « Cette initiative matérialise la volonté de l’association d’accompagner la transition du modèle agricole national en démontrant que les bio-solutions constituent des leviers tangibles de performance » , souligne Ahmed Baghaz, président de l’AIENA.

Il s’agit aussi de démontrer, preuves à l’appui, la faisabilité technique et économique des mécanismes de régulation naturelle des écosystèmes en faisant appel aux agents biologiques afin de stimuler l’immunité des cultures. Elles réduisent au maximum les doses et applications de produits phytopharmaceutiques.

Sur le terrain, ces solutions sont combinées et leur efficacité est démontrée avec les partenaires du développement agricole et les agriculteurs. Aujourd’hui, l’innovation permet de repenser les pratiques agricoles pour une meilleure performance.

Un cadre réglementaire et des procédures d’homologation

Par ailleurs, l’analyse des enjeux de cette journée révèle une dimension multisectorielle indispensable à la réussite de cette transition. Le programme scientifique souligne que l’efficacité des bios pesticides ne peut se concevoir sans un cadre réglementaire et des procédures d’homologation adaptés aux spécificités locales. Le programme scientifique, animé par un panel de chercheurs, d’experts institutionnels et de professionnels du secteur privé, s’articule autour de plusieurs axes de réflexion majeurs.

Les interventions porteront sur l’analyse du cadre légal et des procédures d’homologation des biopesticides et biostimulants au Maroc comme vecteurs de résilience climatique. Les débats traiteront par ailleurs d’innovations techniques spécifiques, telles que la résistance génétique des plantes, l’application des biostimulants ou encore les solutions de biocontrôle pour la gestion des pathogènes, sans oublier les stratégies d’optimisation de l’efficience hydrique.

Aussi, la conférence ambitionne de consolider l’interface entre la recherche agronomique et l’application industrielle en favorisant le transfert de technologies et de démontrer les bénéfices qualitatifs et quantitatifs des bio-solutions.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

Source de l’article : LesEco.ma