La ville numérique sans ses algorithmes : fabrique urbaine ordinair…

À l’heure où les travaux sur la ville et le numérique occupent une place de plus en plus importante dans la recherche urbaine, cet article de positionnement propose de faire un pas de côté par rapport aux contributions portant sur l’exceptionnalité de projets futuristes souvent associés au numérique dans les imaginaires urbains. Plutôt qu’une ville gouvernée par les algorithmes, résumée à ses objets techniques (capteurs, applications mobiles ou encore plateformes), à ses innovations et projets emblématiques, souvent éphémères ou inaboutis, nous invitons à observer la manière dont le numérique se négocie, s’interprète et s’incorpore au quotidien, dans des pratiques professionnelles, institutionnelles et dans des pratiques habitantes qui concourent à fabriquer la ville. Appréhender la fabrique urbaine ordinaire permet ainsi de comprendre comment les technologies numériques redéfinissent les rapports entre institutions, entreprises et habitants dans la construction de la ville et comment ces transformations s’inscrivent dans des dynamiques urbaines et territoriales. Ce parti pris est aussi une invitation à se concentrer sur l’agentivité des acteurs de la fabrique urbaine dans leur diversité, dont le rapport à la technologie n’est jamais surdéterminé.