Casablanca.. Quand le Marché Central fait fuir ses visiteurs

Au cœur battant de Casablanca, l’avenue Mohammed V s’étire comme une artère chargée d’histoire, portant en elle de longs chapitres de la mémoire urbaine de la métropole. Bordée d’immeubles emblématiques du début du XXᵉ siècle, conçus dans un style Art déco aussi élégant que distinctif, cette avenue abrite l’un des lieux les plus symboliques de la ville : le Marché Central.

Lieu de rencontre entre patrimoine, activité économique et vie sociale, le Marché Central demeure une adresse incontournable, aussi bien pour les Casablancais que pour les visiteurs étrangers en quête d’authenticité. Pourtant, l’expérience vécue sur place est souvent ternie par certaines pratiques qui interrogent.

Dès les premiers pas à l’intérieur du marché, le visiteur se retrouve fréquemment encerclé par des assistants de commerçants, parfois de manière insistante et désordonnée. Cette pression, loin de valoriser l’offre, crée une atmosphère de rivalité visible, notamment autour de l’achat de poissons, de fruits de mer ou de plats rapides. Une scène qui donne parfois l’impression d’un véritable combat pour attirer le client, au détriment de sa liberté de choix.

Cette situation constitue un obstacle réel à la fluidité de la visite. Qu’il soit Marocain ou touriste étranger, le visiteur peut rapidement se sentir mal à l’aise, voire envahi, au point que le plaisir de la découverte se transforme en gêne. Nombreux sont ceux qui, malgré une intention initiale de consommer ou de prolonger leur visite, préfèrent écourter leur passage et quitter les lieux, laissant derrière eux un potentiel économique et culturel inexploité.

Il serait pourtant injuste de réduire le Marché Central à ces dérives. Le site reste un espace riche, où se croisent traditions culinaires, savoir-faire populaires et dynamisme commercial. Mais cette richesse mérite d’être encadrée, organisée et valorisée afin de préserver l’image d’un lieu qui représente bien plus qu’un simple marché : un symbole vivant de Casablanca.

La question n’est donc pas de remettre en cause l’identité du Marché Central, mais d’ouvrir une réflexion sur la nécessité d’un meilleur encadrement des pratiques commerciales, dans le respect du visiteur et de l’histoire du lieu. Car un patrimoine vivant ne se conserve pas uniquement par ses murs, mais aussi par la qualité de l’expérience qu’il offre.

Source de l’article : Industrie du Maroc