Casablanca : à Aïn Sebaâ, les poids lourds sèment le trouble
À Aïn Sebaâ, la circulation anarchique des poids lourds continue de faire des victimes. Un nouvel accident mortel remet en lumière les défaillances dans l’encadrement des flux de camions dans des zones habitées et relance le débat sur l’efficacité des dispositifs mis en place pour préserver la sécurité des riverains.
La question de la circulation des poids lourds dans les zones urbaines revient avec acuité à Casablanca, où la situation à Aïn Sebaâ cristallise les tensions entre activité économique, sécurité routière et gouvernance de l’espace public. Dans un courrier adressé à Nabila Rmili, maire de Casablanca, un appel urgent a été lancé pour dénoncer la circulation anarchique des camions de transport lourd au cœur des quartiers résidentiels et sur plusieurs axes névralgiques de l’arrondissement.
Au-delà du seul problème de circulation, le sujet met en lumière une défaillance plus large dans la régulation des flux logistiques en milieu urbain. Aïn Sebaâ, territoire historiquement marqué par sa vocation industrielle et sa centralité économique, subit de plein fouet les effets d’une cohabitation de plus en plus difficile entre trafic de marchandises, densité résidentielle et mobilité locale.
Les habitants pointent en particulier la situation sur plusieurs artères majeures, notamment les boulevards Mimosa, Chefchaouni, Mohamed Eddorra, Ali Yaâta, Ibn Alouane et Moulay Ismaïl, devenus selon eux des zones à haut risque pour les riverains. Le signal d’alarme a été relancé à la suite d’un nouvel accident mortel ayant coûté la vie à un jeune homme.
Pour les riverains, ce drame n’est pas un fait isolé mais le reflet d’un désordre installé, où les rues de proximité se transforment progressivement en couloirs de transit pour les véhicules lourds. Une telle situation pose avec force la question de l’effectivité des dispositifs de circulation censés encadrer le passage de ces camions dans les zones habitées. En filigrane, c’est aussi la question de l’efficacité de l’investissement public qui est posée. Le courrier s’interroge explicitement sur la portée des moyens mobilisés pour la « route des camions » si, dans le même temps, les décisions de limitation ou d’interdiction d’accès aux quartiers habités ne sont pas appliquées sur le terrain.
Cette problématique dépasse d’ailleurs le seul cadre local. Dans toutes les grandes métropoles, la gestion du transport de marchandises devient un sujet stratégique, à la croisée de plusieurs impératifs parfois contradictoires, fluidité logistique, attractivité économique, sécurité des habitants, préservation de la voirie et qualité du cadre de vie.
Dans le cas d’Aïn Sebaâ, Karim Glaibi, membre de l’arrondissement du quartier en question et de la commune de Casablanca, réclame une réponse rapide autour de trois leviers précis. Le premier consiste à inscrire le dossier à l’ordre du jour de la prochaine session du Conseil de la ville, ou à le transférer en urgence à la commission compétente chargée des équipements publics et des services, afin d’examiner la situation de la sécurité routière et la gestion du passage des grands camions dans l’arrondissement. Le deuxième porte sur l’activation effective des décisions d’interdiction déjà existantes et sur le renforcement de la coordination avec les autorités locales et les services de sécurité pour sanctionner les infractions. Le troisième concerne l’installation d’une signalisation claire aux principaux points d’entrée de l’arrondissement pour rediriger les poids lourds vers les itinéraires légalement prévus.
M.O. / Les Inspirations ÉCO
Source de l’article : LesEco.ma



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