Cannes pilote un livre sur l’usage de I’IA dans les industries créatives
Si vous vous intéressez aux répercussions qu’aura l’intelligence artificielle dans la création artistique, le cinéma, la littérature, la musique et les arts numériques, c’est un livre à lire et à garder en mémoire. Intitulé « Intelligence artificielle et création : enjeux et pratiques » , sa direction éditoriale a été pilotée par la ville de Cannes en tant que membre du réseau des Villes créatives de l’UNESCO. Ouvrage collaboratif, ce livre numérique et gratuit, diffusé dans près de 400 villes, explore, à travers des témoignages de spécialistes, d’écrivains, de cinéastes ou encore de musiciens, la façon dont l’intelligence artificielle transforme les processus de création, de diffusion et de réception des œuvres.
L’objectif de la démarche est simple : comprendre les usages et conséquences de l’IA sur les industries créatives. Initié par les Villes créatives françaises de l’UNESCO, il a l’avantage de réunir des partenaires de cultures différentes à travers la participation de dix villes du réseau : Angoulême, Cannes, Casablanca, Enghien-les-Bains, La Havane, Lyon, Montréal, Mumbai, Potsdam, Québec et Toulouse. « A travers cet ouvrage, il ne s’agit pas de prendre position, mais de comprendre et d’anticiper les évolutions qu’impliquera cette technologie déjà incontournable dans de nombreux de secteurs. Et ce faisant, de trouver la juste place de l’Humain dans le processus créatif » précise David Lisnard, maire de Cannes. « Pour de nombreux philosophes, de Platon en passant par Guy Debord ou encore Jean Baudrillard, celui qui a le pouvoir est celui qui contrôle la perception du monde » écrit en introduction Maud Boissac, directrice éditoriale et directrice de la Culture à la ville de Cannes, pour bien marquer la rupture que nous vivons aujourd’hui. « Longtemps, ce pouvoir fut attribué au créateur : écrivain, cinéaste, musicien, artiste visuel. Il façonnait un univers de signes, d’émotions et de récits que le spectateur venait habiter. Mais à l’ère de l’intelligence artificielle, le centre de gravité se déplace. La réception, la diffusion et la mise en visibilité deviennent des lieux décisifs du pouvoir culturel. La question n’est plus seulement qui crée, mais qui organise la perception de la création et celle de nos sociétés » .
Authenticité de l’expression artistique, IA comme simple outil ou co-créateur, standardisation des oeuvres, implications éthiques de l’utilisation, risque de répétition algorithmique, sont autant de questions posées pour chacun des quatre grands chapitres (cinéma, littérature, musique et arts numériques). Dans les témoignages de spécialistes et professionnels du monde entier qui ont été recueillis pour enrichir ce livre numérique de 200 pages on retrouvera des noms connus (Jean-Baptiste Andrea, Jean-Michel Jarre, Marco Landi, Alexia Laroche-joubert, Takuya Nomura…).
Cet ouvrage n’est qu’une première pierre. Il marque le début d’un projet décennal, confié chaque année à un pays différent, qui poursuivra la collecte de témoignages autour de l’IA et de la créativité en suivant la même trame afin de comparer, dans le temps, l’évolution des pratiques et des perceptions. Cannes a aussi ouvert le banc, rappelant par la même occasion que par ses nouveaux salons (World AI Cannes Festival, World AI Film Festival, Ethereum Community Conférences…), par ses actions menées pour comprendre l’IA et l’utiliser pour servir l’intérêt général, la ville se place aux avant-postes de la révolution de l’IA.
Source de l’article : Sophianet



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