CAN 2025 : une vitrine mondiale pour le savoir-faire marocain et un puissant levier de développement

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La Coupe d’Afrique des Nations 2025, que le Maroc s’apprête à accueillir, constitue bien plus qu’un événement sportif majeur. Elle s’inscrit comme un projet national structurant, mobilisant des ressources économiques, humaines et institutionnelles considérables. Avec plus d’un milliard de téléspectateurs attendus à travers le monde et une couverture médiatique internationale étendue à plus de 150 pays, la CAN 2025 offre au Royaume une exposition exceptionnelle, rarement égalée par d’autres événements non olympiques organisés sur le continent africain.

Sur le plan économique, la CAN 2025 s’annonce comme l’une des éditions les plus rentables de l’histoire de la compétition. Selon des estimations convergentes, les retombées économiques directes et indirectes pourraient atteindre entre 10 et 12 milliards de dirhams, portées par la consommation touristique, les services, la logistique et les activités commerciales locales. À l’échelle africaine, la Confédération africaine de football (CAF) a indiqué que les revenus commerciaux de la CAN 2025 ont progressé de plus de 90 % par rapport à l’édition précédente, grâce à un nombre record de sponsors internationaux, à l’élargissement des droits de diffusion et à une meilleure valorisation du produit sportif africain.

Le secteur du tourisme figure parmi les principaux bénéficiaires de cette dynamique. Le Maroc, qui a franchi récemment le seuil de près de 20 millions de touristes annuels, voit dans la CAN 2025 un puissant accélérateur de flux, notamment en période hivernale. Dans les villes hôtes, le trafic aérien a déjà enregistré des hausses à deux chiffres, tandis que les capacités hôtelières ont été renforcées par la création et la rénovation de plus de 40 000 lits, contribuant à l’amélioration durable de l’offre touristique nationale. Les recettes de voyage, estimées à plus de 120 milliards de dirhams, confirment le rôle du sport comme moteur complémentaire de l’attractivité territoriale.

L’organisation de la CAN s’appuie également sur un vaste programme d’investissement dans les infrastructures sportives et urbaines. Neuf stades ont été construits, modernisés ou mis aux normes internationales, représentant un investissement de plus d’un milliard d’euros si l’on inclut les équipements, les accès, la sécurité et les services annexes. Ces projets s’accompagnent d’améliorations significatives des réseaux de transport, de la voirie urbaine, des services numériques et des dispositifs de mobilité, renforçant la qualité de vie des citoyens bien au-delà de la durée du tournoi.

Au-delà des chiffres, la CAN 2025 agit comme un catalyseur social et entrepreneurial. L’événement a permis la création de dizaines de milliers d’emplois temporaires et permanents, notamment dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce, la sécurité et l’événementiel. Les PME locales, les startups technologiques et les prestataires de services ont été largement intégrés à la chaîne de valeur, favorisant une diffusion plus inclusive des bénéfices économiques. L’introduction de solutions innovantes, telles que la billetterie entièrement numérisée, la gestion intelligente des flux et les dispositifs de sécurité intégrés, positionne le Maroc comme un précurseur régional en matière d’organisation sportive moderne.

Sur le plan diplomatique et symbolique, la CAN 2025 constitue une vitrine de soft power pour le Royaume. En accueillant des délégations, des supporters et des médias issus de plus d’une centaine de nationalités, le Maroc renforce son image de pays stable, ouvert et tourné vers l’Afrique. Le football devient ici un vecteur de rapprochement entre les peuples, en cohérence avec la stratégie africaine du Royaume fondée sur la coopération Sud-Sud, le partenariat économique et l’échange culturel.

Enfin, la CAN 2025 s’inscrit dans une trajectoire stratégique de long terme. Elle permet au Maroc de tester à grande échelle ses capacités organisationnelles, de capitaliser sur les acquis et de renforcer sa crédibilité internationale dans la perspective de l’accueil d’événements mondiaux encore plus ambitieux. L’enjeu dépasse donc largement le calendrier sportif : il s’agit de construire un héritage durable, fait d’infrastructures modernisées, de compétences renforcées et d’une image internationale consolidée.

En guise de conclusion, la CAN 2025 n’est pas seulement une fête du football africain. Elle est l’expression d’un Maroc ambitieux, structuré et confiant dans ses capacités, capable de transformer un événement sportif en un levier de développement économique, de cohésion sociale et de rayonnement international. À travers cette compétition, le Royaume ne se contente pas d’accueillir l’Afrique : il affirme sa place dans le concert des nations capables d’organiser, d’innover et d’inspirer.

Écrit par Hamid Fayou,

Docteur en économie

Source de l’article : EcoActu.ma