CAN 2025: « Si l’Algérie perd, je vais être de mauvaise foi » , l’humoriste Malik Fares confie ses espoirs et ses craintes pour les Fennecs

Malik Fares s’apprête à soutenir les coéquipiers de Riyad Mahrez dans un mélange d’appréhension et d’excitation à l’approche de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc (21 décembre-18 janvier). L’humoriste, qui a grandi entre les Bouches-du-Rhône et l’Algérie, espère revoir les Fennecs en haut de l’affiche après leurs récentes désillusions.

Malik Fares, comment appréhendez-vous cette Coupe d’Afrique des nations 2025 pour l’équipe d’Algérie?

Personnellement, j’ai très peur pour l’Algérie, par rapport aux dernières prestations et à la manière dont on s’est qualifiés. Il n’y a pas eu récemment de grosses équipes contre qui on a fait une vraie démonstration footballistique. C’est ça qui m’inquiète. Même si on a fini premier de notre groupe de qualification pour la Coupe du monde 2026, et j’en suis super fier, j’ai peur pour la CAN 2025. J’ai quand même de l’espoir, parce que le coach Petkovic a mis en place quelque chose d’assez équilibré entre les anciens et les jeunes, mais j’ai peur parce que je n’ai pas vu d’innovation tactique et technique. C’est encore assez flou à ce niveau-là. Maintenant, je ne saurais pas me prononcer parce qu’à l’époque où Djamel Belmadi est arrivé en équipe nationale, on en était au même point et il a réussi à faire de exploits. On y va avec de l’humilité, mais il faut qu’on soit tout de suite combatifs, avec beaucoup de force.

Après deux CAN sans le moindre succès, le premier match face au Soudan, prévu le 24 décembre à Rabat (16h), revêt déjà une importance capitale…

Il faut le plier 3-0 tout de suite. Il faut gagner. Pour gagner la CAN, il faut se mettre à l’aise dès le départ, en finissant en tête de notre groupe. Ce sont des petits tournois, avec peu de matchs, ça va très vite. Ce qui se passe en huitièmes de finale ou en quarts, c’est la résultante de ta phase de groupe. Après, le jeu se resserre à partir des quarts, avec parfois des prolongations ou des tirs au but.

Craignez-vous que les récentes désillusions soient encore dans la tête des joueurs de Vladimir Petkovic?

Oui, bien sûr que oui. Le peuple algérien est intransigeant avec son équipe nationale, moi le premier. Je pense qu’on est encore un peu traumatisés. On n’a pas eu de match référence nous permettant de sortir de cette blessure-là. Cette CAN 2025 est idéale pour ça. On va aussi préparer la Coupe du monde 2026. Le Maroc est allé en demi-finale en 2022, on doit aller en finale. On en a les moyens.

Quel regard portez-vous sur le niveau actuel et l’impact de Riyad Mahrez en sélection?

On ne va pas se mentir, le Riyad Mahrez de Manchester City et le Riyad Mahrez d’aujourd’hui, ce ne sont pas exactement les mêmes. Il a la maturité nécessaire pour mener l’équipe vers le haut, mais la seule chose qui fait que Riyad Mahrez peut être plus performant, c’est le travail. Si tu es décevant, c’est que tu n’as pas suffisamment travaillé. S’il veut exceller pendant cette CAN, Riyad Mahrez doit travailler dix fois plus, en s’inspirant d’un mec comme Cristiano Ronaldo. Lui, tu peux ne pas l’aimer pour ce qu’il dégage, mais tu ne peux que respecter son travail. Dans son avion, il a une salle de sport, le gars! (sourire) Il optimise tout son temps pour le football.

Quels sont les nouveaux visages qui peuvent faire la différence pour l’Algérie?

Ibrahim Maza (milieu offensif de Leverkusen, 19 ans) ou Elias Benkara (défenseur central de Dortmund, 18 ans) peuvent apporter en mobilité et en profondeur. Ils vont permettre à l’équipe de se projeter vers l’avant. Maza est très attendu. Il a un profil de n°10 qui permet de le faire jouer un peu partout, comme Karim Benzema ou Wayne Rooney lorsqu’il était à Manchester United. Il peut jouer en 9 et demi ou même ailier. En plus, il est élancé, costaud et technique, il peut apporter une dimension athlétique supplémentaire.

Que pensez-vous de la récente intégration de Luca Zidane?

On n’a pas le recul nécessaire sur Luca. J’espère juste que Pektovic a fait un choix footballistique. C’est dur, le poste de gardien aujourd’hui. On leur demande beaucoup plus que d’être un simple mec dans la cage qui arrête des ballons. Il a souvent été deuxième ou troisième gardien depuis le début de sa carrière. Cette CAN peut lui permettre de prouver son niveau. Il n’aura peut-être qu’une seule chance et il doit la saisir. L’Algérie lui donne cette chance. C’est le moment d’affirmer, au-delà de son nom, quel gardien il est. Il doit montrer sa légitimité aux yeux du monde. Et si, au passage, son père peut revenir jouer quelques minutes avec l’équipe, ce sera avec plaisir (rires).

Cette CAN au Maroc sera forcément un moment particulier pour les Algériens…

Ce qu’on doit montrer, c’est que l’Algérie et le Maroc sont plus que jamais deux pays fraternels. C’est l’image qu’on doit retenir de cette CAN. La politique et le football sont deux choses différentes. On se doit de servir la cause mais on doit aussi montrer qui on est lors d’un événement majeur comme celui-ci. Il faut qu’on fasse preuve de fraternité, c’est très important. Quand je me rends au Maroc avec ma famille et que je dis que je suis algérien, on me dit toujours: ‘N’oublie pas, on est des frères’. Cette fraternité et ce respect doivent se voir durant les matchs, entre l’Algérie et le Maroc mais également entre tous les pays.

Lorsque l’Algérie perd, arrivez-vous à en rire?

Je suis entre la douleur et l’irrespect. Si l’Algérie perd, il ne faut pas m’écouter. Je suis tellement de mauvaise foi, c’est terrible. Je vais trouver une raison évidente au fait qu’on nous a empêchés de gagner, qu’on nous a mis des bâtons dans les roues parce qu’on ne nous aime pas, parce qu’on est algériens. Je vais être de très mauvaise foi. Mais j’arrive quand même à garder une certaine lucidité parce que j’ai joué au foot à un bon niveau.

A quoi a ressemblé votre carrière de footballeur?

J’ai commencé en U13 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), d’abord au plus bas niveau. Ensuite, j’ai gravi les échelons au sein du club en U15. Après, j’ai joué à Berre-l’Étang, puis à Martigues. Et j’ai terminé à La Penne-sur-Huveaune en CFA2, l’équivalent du National 3. Je jouais attaquant axial, plutôt côté droit. Je fais 1,90m. J’étais un buteur efficace, dans un style à la Islam Slimani, un mec qui pèse sur la défense et qui ne lâche rien. J’ai joué à un assez bon niveau, j’ai effectué quelques essais avec des clubs pros ou semi-pros, mais j’ai dû arrêter par rapport à la scène. Aujourd’hui, je continue à jouer entre amis, à onze ou en five.

Quel souvenir gardez-vous du sacre de l’Algérie à la CAN 2019?

Source de l’article : RMC Sport