CAN 2025 : porté par Brahim Díaz, le Maroc franchit l’obstacle tanzanien pour défier le Cameroun en quarts

Sans briller mais en faisant parler son efficacité et ses individualités, la sélection marocaine s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Dimanche soir, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions de l’Atlas ont dominé la Tanzanie (1-0) grâce à un but libérateur de Brahim Díaz

Le Maroc sera bien au rendez-vous des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Dimanche 4 janvier, devant 63 894 spectateurs acquis à sa cause, la sélection nationale a pris le dessus sur une équipe tanzanienne accrocheuse et disciplinée, au terme d’un huitième de finale longtemps indécis. Un succès étriqué mais précieux, qui permet aux hommes de Walid Regragui de poursuivre leur parcours et d’entretenir l’espoir d’un sacre continental à domicile.

Stress et déchets techniques

Dès les premières minutes, les Lions de l’Atlas ont pourtant frôlé la désillusion. Bien décidée à jouer sans complexe, la Tanzanie se crée une occasion majeure dès la 3e minute. Lancé dans la profondeur sur le côté droit, Selemani Mwalimu centre avec précision pour Saimon Msuva, totalement oublié au second poteau. Face à une cage désertée par Yassine Bounou, l’attaquant tanzanien manque l’immanquable en ne parvenant pas à rabattre sa tête. Un avertissement sérieux pour des Marocains encore empruntés.

Un temps timorée, l’équipe nationale retrouve progressivement la maîtrise du ballon, portée notamment par le retour d’Achraf Hakimi, titularisé pour la première fois dans cette CAN après avoir soigné une blessure. Les hommes de Walid Regragui installent leur domination territoriale, monopolisent la possession et se procurent plusieurs situations intéressantes, mais pêchent dans le dernier geste. La première période se conclut sans le moindre tir cadré côté marocain, symptôme d’un manque de précision et d’un certain stress. « On n’a pas été au niveau. On a eu beaucoup de déchets techniques, il y a du stress aussi. On aurait clairement pu se faire surprendre » , reconnaîtra après coup Walid Regragui, lucide sur les limites affichées par son équipe avant la pause.

Brahim Díaz, le libérateur

La délivrance intervient finalement à l’heure de jeu, par l’intermédiaire de celui qui s’affirme comme l’homme fort de cette CAN côté marocain. À la 64e minute, Brahim Díaz se défait de son vis-à-vis d’un crochet tranchant et profite d’un mauvais placement du gardien tanzanien Hussein Masalanga pour frapper en force au premier poteau. Un but libérateur, qui fait exploser les tribunes du stade Prince Moulay Abdellah et permet au Maroc de gérer une fin de match tendue mais maîtrisée.

Avec cette nouvelle réalisation, l’attaquant du Real Madrid porte son total à quatre buts en quatre rencontres et s’installe comme le meilleur buteur du tournoi. Numéro 10 dans le dos et leader technique sur le terrain, Díaz confirme sa capacité à débloquer des situations complexes et à faire basculer des matchs fermés, un atout majeur à l’approche des tours décisifs.

La performance du milieu offensif marocain n’a pas échappé à la presse internationale. Le quotidien sportif espagnol AS a salué dimanche l’impact déterminant de Díaz sous le titre éloquent « Brahim est une folie » . Le journal souligne que le Maroc s’est appuyé sur « son nouveau génie » pour venir à bout de la Tanzanie, mettant en avant sa connexion avec Achraf Hakimi, jugée décisive dans l’animation offensive des Lions de l’Atlas. Selon AS, Díaz s’est une nouvelle fois imposé comme le principal détonateur du jeu marocain, assumant pleinement son rôle de leader, sollicitant constamment le ballon, multipliant les prises de risque et imposant un rythme soutenu à la défense adverse.

Le retour d’Achraf Hakimi est également mis en exergue par le quotidien espagnol. Malgré une récente blessure, le latéral du Paris Saint-Germain a rapidement retrouvé son influence, dynamisant le couloir droit et offrant une solution permanente à Díaz. Une association appelée à peser lourd dans la suite de la compétition.

L’absence cruelle d’Azzeddine Ounahi

Cette qualification n’a cependant pas dissipé toutes les inquiétudes côté marocain, notamment en raison de l’absence d’Azzeddine Ounahi. Blessé à l’entraînement la veille du match, le milieu de terrain a manqué à l’équilibre et à la créativité de l’équipe. Un manque ressenti, comme l’a reconnu le défenseur Romain Saïss après la rencontre. « Le match contre la Tanzanie a été compliqué face à une bonne équipe bien organisée et qui a bien défendu. Ils nous ont causé beaucoup de problèmes. Mais on a su rester patients, même si tout n’a pas été parfait. L’important est la qualification » , a-t-il souligné, rappelant qu’ « en CAN, il n’y a pas de match facile, surtout en élimination directe » .

Concernant Ounahi, Saïss a exprimé le soutien du groupe. « Il s’est blessé samedi. C’est triste pour lui et pour nous aussi. Ce n’est pas facile dans ce genre de compétition où les matchs sont rapprochés. L’important, c’est d’être avec lui et de le soutenir pour qu’il se remette » .

Walid Regragui a ensuite confirmé le verdict médical en conférence de presse. Azzeddine Ounahi souffre d’une déchirure au mollet, une blessure liée à un problème antérieur contracté à Girona, et sera indisponible pour le reste de la CAN, avec une durée d’indisponibilité estimée à cinq ou six semaines. « Nous avons perdu notre leader technique. Ça a beaucoup choqué les joueurs. Hier, c’était difficile pour tout le monde. Il fallait se qualifier pour lui » , a confié le sélectionneur national.

Regragui a également insisté sur la difficulté intrinsèque de cette CAN et sur les exigences liées au statut de pays hôte. « Nous savions que nous allions souffrir. À ce stade de la compétition, le plus important est la qualification. En première période, nos déchets techniques ont donné confiance à l’adversaire. La deuxième mi-temps a été plus conforme à nos standards » , a-t-il analysé, tout en reconnaissant que le Maroc avait concédé « trop d’occasions par rapport à d’habitude » .

Montée en puissance d’Achraf Hakimi

Le sélectionneur national s’est néanmoins montré confiant pour la suite, saluant la montée en puissance d’Achraf Hakimi et réaffirmant sa confiance totale en Brahim Díaz. « Il peut faire la différence à tout moment, il est sur-motivé. Brahim fait partie des joueurs qui peuvent nous faire gagner cette CAN » , a-t-il martelé.

Auteur de l’unique but de la rencontre et élu homme du match, Brahim Díaz a, de son côté, souligné la difficulté de l’opposition. « Le match a été très compliqué. La Tanzanie a fait preuve d’une grande discipline tactique. Le plus important reste la qualification. C’est un plaisir pour moi d’avoir pu marquer le but de la victoire pour mon équipe et mon pays » , a-t-il déclaré, dédiant sa réalisation à Azzeddine Ounahi. « Je suis navré pour son absence. Nous sommes une seule famille et il va nous manquer » .

Côté tanzanien, l’élimination n’a pas effacé la fierté du parcours. Le sélectionneur Miguel Gamondi a salué la prestation de ses joueurs face à « l’une des meilleures équipes d’Afrique » . « Nous avons affronté l’une des plus grandes équipes du continent. La Tanzanie doit être fière. L’écart de classement est énorme, mais nous avons fait de notre mieux » , a-t-il affirmé, regrettant néanmoins les occasions manquées qui ont, selon lui, changé la physionomie du match.

Le Cameroun en quart de finale

La suite du parcours marocain est désormais connue. En soirée, le Cameroun a validé son billet pour les quarts de finale en s’imposant face à l’Afrique du Sud (2-1) au stade Al Madina de Rabat. Les Lions Indomptables ont ouvert le score par Junior Tchamadeu à la 34e minute, avant que Christian Kofane ne double la mise au retour des vestiaires. Sekotori Makgopa a réduit l’écart pour les Bafana Bafana en fin de match, sans empêcher la qualification camerounaise.

Vendredi prochain, le Maroc affrontera donc le Cameroun dans un quart de finale très attendu, entre deux géants du football africain. Un rendez-vous de très haut niveau, où les Lions de l’Atlas devront afficher plus de maîtrise et de sérénité s’ils veulent poursuivre leur rêve continental, portés par un public acquis à leur cause et par un Brahim Díaz plus que jamais au centre des espoirs nationaux.

Source de l’article : Le Desk