CAN 2025 au Maroc, bien plus qu’un tournoi de football

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), organisée au Maroc, dépasse largement le cadre sportif. Plus qu’un tournoi de football, elle s’impose comme un symbole d’une Afrique unie, où sport, culture, mémoire collective et engagement humain se rencontrent dans une atmosphère unique.

Avec la participation de 24 équipes, l’AFCON 2025 offre depuis son coup d’envoi un spectacle à la fois sportif et culturel. Dès la cérémonie d’ouverture, marquée par des performances artistiques, des musiques traditionnelles et une explosion de couleurs, le ton a été donné : cette édition se veut une célébration de l’identité africaine dans toute sa diversité.

– Des tribunes devenues scènes de mémoire et de revendication

Dans les stades marocains, les tribunes se sont transformées en véritables espaces d’expression. Au-delà du football, les supporters ont exprimé, à travers chants, danses et mises en scène, des messages rappelant l’histoire du continent, ses luttes contre la colonisation, les conflits, le racisme et les injustices.

L’une des images les plus marquantes du tournoi est celle d’un supporter congolais de la République démocratique du Congo, Michel Coca Mbuladinga, surnommé sur les réseaux sociaux « le petit-fils de Patrice Lumumba » . Resté immobile, le bras levé durant toute la rencontre, il a rendu hommage à Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance africaine, assassiné en 1961. Une image forte, devenue virale, illustrant la dimension mémorielle et politique de cette AFCON.

– Histoires humaines et symboles de résilience

Sur le terrain comme en dehors, le tournoi est également marqué par des histoires humaines inspirantes. Le Burkinabè Georgi Minungo, attaquant de 23 ans, a ainsi ému les observateurs en poursuivant sa carrière malgré la perte totale de la vision de son œil gauche à la suite d’une opération en 2023. Son engagement et ses performances ont fait de lui un symbole de courage et de détermination pour la jeunesse africaine.

Dans les tribunes, d’autres récits ont marqué les esprits. Un supporter algérien a parcouru près de 18 000 kilomètres, en grande partie à vélo, depuis l’Inde jusqu’au Maroc pour soutenir son équipe. Un autre, marocain et malvoyant, a parcouru 560 kilomètres pour assister aux matchs de la sélection nationale. Autant de témoignages illustrant la ferveur exceptionnelle entourant cette compétition.

– Un tournoi riche en émotions sportives

Sur le plan sportif, l’AFCON 2025 a tenu toutes ses promesses. Le Maroc, pays hôte, porté par son public, a impressionné par sa solidité. L’Égypte de Mohamed Salah a signé un parcours remarqué, tandis que le Nigeria de Victor Osimhen s’est illustré par son efficacité offensive. Le Sénégal, discipliné et expérimenté, a confirmé son statut face au Mali. Les quarts de finale ont été marqués par des résultats inattendus, des duels intenses et des buts spectaculaires.

– Une édition historique pour les entraîneurs africains

Autre fait marquant de cette CAN : pour la première fois depuis 60 ans, les quatre demi-finalistes — Maroc, Égypte, Nigeria et Sénégal — sont dirigés par des entraîneurs africains. Walid Regragui, Hossam Hassan, Éric Chelle et Papa Thiaw, tous anciens internationaux, incarnent une nouvelle génération de techniciens africains, mettant fin au mythe de la suprématie systématique des entraîneurs étrangers sur le continent.

– Demi-finales très attendues

Les demi-finales de l’AFCON 2025 se disputent mercredi. Le Sénégal affrontera l’Égypte à Tanger, tandis que le Nigeria croisera le fer avec le Maroc à Rabat. Des affiches prestigieuses, où se mêleront ambitions sportives, rivalités historiques et ferveur populaire, avant la grande finale prévue le 18 janvier à Rabat.

L’AFCON 2025 confirme ainsi que le football africain n’est pas seulement une compétition sportive, mais un puissant vecteur d’unité, de mémoire et d’expression. Une célébration de l’Afrique, de sa passion et de son humanité.

Source de l’article : Anadolu Ajansı