Caftan : Zhor Raïs mêle la tradition au surréalisme de Salvador Dalí
Célébrant quarante ans de création qui fait la part belle à l’élégance et au raffinement du caftan, mais aussi la capacité de cet habit traditionnel à rester dans l’air du temps au fil des siècles, Zhor Raïs incarne cette vision créative dans son exposition « Dalí Diali – L’étoffe du rêve » . Au Musée de la parure de Rabat à partir du 8 janvier 2026, la styliste et modéliste combine en effet cet héritage ancestral et l’univers artistique du peintre surréaliste espagnol Salvador Dalí, traduisant à quel point cet habillement peut se réinventer.
A travers douze créations, Zhor Raïs croise ainsi ses inspirations des sculptures de la Dalí Universe au savoir-faire ancestral qu’elle a acquis aussi bien à travers le milieu familial que la formation et les collaborations, depuis les années 1980. Récemment classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le caftan marocain devient ainsi une œuvre d’art à part entière, repoussant les frontières de l’habillement traditionnel. Par la même occasion, il sert d’étoffe exprimant un hommage aux artisans marocains en tant que légataires de gestes préservés au fil des générations.
Auprès de Yabiladi, Zhor Raïs souligne qu’au bout de ces quarante ans de travail sur le caftan et d’immersion dans les Beaux-Arts, l’univers de Salvador Dalì l’inspire particulièrement par son surréalisme, qui « nourrit une mode qui brouille les frontières entre le rêve et le réel » .
Création : Zhor Raïs
Inscrire le caftan dans l’universalité
La styliste et créatrice adopte une approche originale, où le savoir-faire ancestral est harmonieusement rattaché à l’univers de Salvador Dalì. « Le caftan, par ses coupes, ses motifs et ses drapés, porte en lui une dimension profondément rêveuse » , nous a déclaré Zhor Raïs. « J’établis un parallèle entre la créativité de Salvador Dalí, née du rêve, et celle de l’artisan, qui transforme une vision intérieure en broderies délicates pour sublimer un caftan. L’un et l’autre créent à partir d’un imaginaire, d’où ma volonté de traduire cette rencontre du rêve et du geste en une seule expression : la beauté concrète » , nous confie encore la styliste.
Création : Zhor Raïs
Autant dire que Zhor Raïs a fait le bon choix artistique de repousser les limites de la création, toujours à l’avant-garde de la haute couture traditionnelle. Le classement du caftan marocain au patrimoine mondial de l’UNESCO lui donne raison ainsi que les nombreux stylistes, ayant à cœur de croiser la tradition de mode et les influences modernes pour célébrer le caractère mondial de cet habillement. « Ce classement consacre l’histoire du caftan et mon approche l’inscrit dans un dialogue artistique résolument contemporain » , nous affirme-t-elle.
Au-delà de l’exposition, Zhor Raïs a longtemps inscrit ses créations dans des références ancestrales du caftan, mais auxquelles elle donne une allure actuelle. Adapter cet héritage de plusieurs siècles aux tendances du présent devient ainsi une manière de continuer à diffuser ce leg à travers le monde, au temps où le caftan inspire et suscite l’intérêt grandissant de personnalités internationales.
Un habit tissé aux fils du passé, du présent et du futur
Selon Zhor Raïs, « moderniser le caftan, c’est le faire voyager, inscrire un héritage pluriséculaire dans le présent et lui permettre de dialoguer avec les tendances contemporaines » .
Création : Zhor Raïs
La créatrice nous dit aussi qu’ « adapter cet héritage aux tendances d’aujourd’hui, c’est lui offrir une nouvelle vie et poursuivre sa diffusion à travers le monde » . « En mêlant motifs traditionnels, tissus contemporains, palettes actuelles et découpes revisitées, le caftan attire un public élargi sans jamais renier son identité » , ajoute-t-elle.
Cette démarche affirme que le caftan est, en définitive, « un art vivant, en constante évolution, fidèle à son âme marocaine tout en s’inscrivant pleinement dans la création contemporaine » . En quarante ans d’innovation et au-delà, Zhor Raïs s’exprime ainsi de manière artistique, à travers un habit qui « démontre que la tradition peut être moderne, mobile et universelle » .
Source de l’article : Yabiladi.com



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