Budgets 2026 : les walis bloquent les crédits liés aux « paniers de Ramadan » soupçonnés d’usage électoral

Les décisions de refus de visa se sont multipliées de la part des walis et gouverneurs des préfectures et provinces relevant des régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès, concernant certains articles des budgets communaux au titre de l’année 2026. Ces refus ont visé précisément des crédits proposés sous les intitulés « aide aux personnes nécessiteuses et en situation sociale difficile » et « subventions et aides au profit des démunis et des pauvres » , après avoir établi leur exploitation à des fins politiques et électorales lors des opérations de distribution des « paniers alimentaires de Ramadan » .

Des sources bien informées ont confié à Hespress que ces décisions de refus de visa sont intervenues à l’approche du mois sacré de Ramadan, dans un contexte marqué par l’entrée du Royaume dans une année électorale liée aux échéances législatives de 2026.

Les mêmes sources ont précisé que plusieurs gouverneurs et responsables provinciaux ont élaboré des rapports préventifs, transmis aux services centraux, faisant état de dysfonctionnements dans la gestion de financements publics inscrits dans les chapitres et articles des projets de budgets reçus des communes. Ces dysfonctionnements concernent notamment les subventions et aides accordées aux associations, les aides sociales, les dépenses liées à l’organisation de manifestations et d’événements festifs, ainsi que les dépenses relatives à l’acquisition de téléphones et de services de communication.

Nos sources ont indiqué que les rapports adressés à l’administration centrale faisaient état de soupçons d’exploitation électorale du « panier de Ramadan » , à travers l’augmentation des crédits alloués aux aides et assistances destinées aux catégories pauvres, notamment dans des communes relevant de provinces situées dans la périphérie des grandes villes, au premier rang desquelles Casablanca.

Les sources ont insisté sur le fait que des présidents de communes ont effectivement procédé, quelques semaines auparavant, à l’attribution de bons de commande pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, comme ce fut le cas pour le président d’une commune rurale relevant de la province de Berrechid.

Selon les mêmes sources, les rapports des autorités provinciales ont également mis en évidence le fait que des entreprises de produits alimentaires et des points de vente en gros — dont certains appartiennent à des élus — ont bénéficié de bons de commande d’un montant financier élevé afin d’assurer l’approvisionnement de dépôts communaux destinés au stockage des aides alimentaires du mois sacré. Ces aides comprennent notamment la farine, le sucre, le thé, la tomate concentrée, les dattes, les pâtes, les légumineuses, ainsi que d’autres composantes du panier de Ramadan.

Les sources ont ajouté que les services du ministère de l’Intérieur ont reçu des données précises concernant des faits documentés par des agents et auxiliaires d’autorité dans leurs zones de compétence, relatifs à la distribution des aides de Ramadan au cours de l’année écoulée. Ces éléments ont été intégrés aux rapports transmis par les gouverneurs. Ils révèlent l’implication de présidents de communes et d’élus influents dans des soupçons de chantage exercé sur des promoteurs immobiliers et des entrepreneurs, afin de financer des aides alimentaires destinées à être distribuées durant le mois sacré.

Les mêmes sources ont indiqué que les rapports en question ont également relevé des faits d’exploitation du « panier de Ramadan » à des fins politiques et électorales, tant dans des communes urbaines que rurales.

Il est à noter que des conseils élus ont eu recours à l’inscription du « panier de Ramadan » dans des chapitres et articles budgétaires vagues, liés à l’aide aux personnes nécessiteuses et en situation sociale difficile, ou aux subventions et aides accordées aux démunis et aux pauvres. Ces conseils ont veillé à maintenir la stabilité des montants programmés, voire à les augmenter dans de nombreux cas, malgré le changement des intitulés des articles concernés. Cette méthode visait à éviter le refus de visa de la part des gouverneurs, devenus plus stricts en matière de dépenses jugées suspectes ou excessives, notamment celles relatives aux subventions accordées aux associations également exploitées à des fins électorales, conformément à des instructions antérieures émanant des services centraux du Ministère de l’Intérieur.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc