Bpifrance pousse les entrepreneurs français à la « co
Bpifrance invite les industriels français à dépasser le simple export vers le Maroc pour adopter la « co-industrialisation » : s’implanter, former et produire sur place. À l’approche de la tenue de la Coupe du monde 2030, la banque publique française propose des outils financiers dédiés pour sécuriser cette ambition
Dans un contexte de réchauffement des relations diplomatiques franco-marocaines et à l’approche d’événements majeurs comme la Coupe du monde 2030, Bpifrance dessine une nouvelle doctrine pour accompagner les industriels français vers le royaume. Le message central publié sur son canal média : le Maroc n’est plus seulement un partenaire commercial, mais devient progressivement un hub de croissance stratégique pour la France.
Au-delà de l’export : créer de la valeur sur place
La position de Bpifrance rompt avec l’approche traditionnelle de l’exportation. Marie Albane Prieur, directrice du Développement Export, insiste sur un concept clé : la « co-industrialisation » . L’idée est d’injecter du savoir-faire français et du capital depuis la France pour faire émerger des usines qui permettent aux pays africains de garder leur valeur ajoutée chez eux. Autrement dit, envoyer sa marchandise depuis le territoire français ne suffit plus : il faut s’implanter, former et produire sur place.
Cette vision est corroborée par le terrain. Ludovic Vallon, dirigeant dungroupe Mastergrid (spécialiste des systèmes électriques haute tension, 120 millions d’euros – M € de CA), implanté au Maroc depuis 2020, confirme que l’objectif est de devenir vraiment une société marocaine avec des collaborateurs formés et recrutés au Maroc, en privilégiant la création de valeur ajoutée locale plutôt que l’envoi d’experts depuis la métropole.
Un marché porteur, mais concurrentiel
Les opportunités sont réelles : train à grande vitesse (sur lequel le groupe Alstom s’est positionné), besoins en sécurité, en santé et gros projets d’unités de dessalement. La préparation de la Coupe du monde 2030 dynamise encore plus les investissements en infrastructures.
Pour autant, Bpifrance met en garde contre toute naïveté. Le Maroc n’est pas un terrain d’entrepreneuriat à prendre à la légère : il est concurrentiel, avec beaucoup d’Allemands, tous les Européens en général, mais également les Chinois qui s’y exportent de plus en plus. La préparation administrative et culturelle est essentielle, tout comme la présence régulière sur place pour entretenir les relations.
Les outils financiers mobilisables
Bpifrance détaille trois dispositifs pour sécuriser les projets d’implantation. L’Assurance Prospection offre une avance pour les besoins de développement à l’international, remboursable uniquement en cas de succès. La Garantie de Projet à l’international couvre quant à elle 50 % du risque économique : si la société française investit 100 000 € dans sa filiale et que ses démarches n’aboutissent pas, Bpifrance s’engage à lui rembourser la moitié de ce montant. Enfin, le Crédit Export permet d’accorder directement un prêt à l’acheteur étranger pour financer l’achat de solutions françaises.
Le conseil de Bpifrance aux entrepreneurs français intéressés : commencer par contacter les équipes régionales de la banque publique, présentées comme la porte d’entrée pour les entrepreneurs Bpifrance souhaitant structurer leur approche avant de se lancer.
Source de l’article : Le Desk



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