Bpifrance met en avant le Maroc comme hub stratégique d’investissement

La banque publique d’investissement française Bpifrance a mis en exergue, mercredi, les opportunités d’investissement au Maroc, « un hub de croissance stratégique » pour la France, encourageant les entreprises tricolores à prendre part à la nouvelle dynamique de la relation franco-marocaine orientée vers la « co-industrialisation » . « Entre les opportunités qui vont se créer liées à la Coupe du Monde 2030 et les défis industriels sur le territoire marocain » , Bpifrance partage, dans un article publié dans son magazine électronique « Big Media » , ciblant les entrepreneurs, « les clés pour réussir au Maroc » avec les entreprises souhaitant s’y implanter voire s’exporter sur le continent africain, tout en énumérant les dispositifs que l’écosystème français a mis en place pour accompagner leurs projets d’internationalisation.

Pour la banque publique d’investissement française, le pays d’hôte de la Coupe d’Afrique des Nations « n’est plus seulement un partenaire commercial, mais devient, progressivement, un hub de croissance stratégique pour la France » . « Pour un entrepreneur français qui désire s’exporter, le Maroc représente un marché en plein essor, porté par des investissements (énergies renouvelables, infrastructures, dessalement), mais aussi celui d’un terrain où » la marque France a encore un potentiel inexploité « , relève l’article qui donne la parole à deux témoins de cette dynamique sur le terrain. » On voit un pays qui est en plein développement, en pleine transformation, avec des événements majeurs comme la CAN ou la Coupe du Monde par exemple, et qui dynamisent encore plus le pays. « , témoigne Ludovic Vallon, dirigeant de Mastergrid, spécialiste des systèmes électriques haute tension (120M € de CA), implantée depuis 2020 au Maroc.

Côté institutionnel, Marie Albane Prieur, directrice Développement Export de Bpifrance, confirme cette accélération multisectorielle. » Il y a de gros projets d’infrastructures qui sont initiés « , note-t-elle, citant le train à grande vitesse où Alstom s’est positionné, ou encore » les gros projets d’unité de dessalement « .

Elle souligne cependant une réalité de marché, avertissant que » le Maroc n’est pas un terrain d’entrepreneuriat à prendre à la légère, il est concurrentiel, on y retrouve beaucoup d’Allemands, tous les Européens en général, mais également les Chinois qui s’y exportent de plus en plus. « Aux entrepreneurs français souhaitant franchir le pas, Bpifrance souligne l’importance de » passer du simple export à la « co-industrialisation » . « C’est un angle mort que beaucoup d’entrepreneurs négligent au moment d’exporter au Maroc, les Marocains ne cherchent pas uniquement des fournisseurs, mais des partenaires industriels capables de transmettre du savoir-faire » , relève l’article.

La directrice Développement Export de Bpifrance insiste sur ce concept de « co-industrialisation » , affirmant : « Nous, on dit à nos entrepreneurs français : pour te développer […], il faut que tu ailles créer » .

Et d’ajouter que l’objectif est clair : « Injecter du savoir-faire français et du capital depuis la France pour pouvoir réaliser et faire émerger des usines qui permettent aux pays africains de garder leur valeur ajoutée chez eux. » Cette stratégie est validée sur le terrain, selon l’article, par le dirigeant de Mastergrid qui considère que l’avenir ne passe pas par l’envoi d’experts depuis la métropole, mais par la « création de valeur ajoutée locale » . « On imagine le faire soit en croissance organique avec des recrutements et donc en investissant en ressources humaines et en équipement sur le territoire marocain, et on imagine aussi le faire à travers des partenariats avec des sociétés locales » , explique le patron français, précisant que l’objectif est de « devenir vraiment une société marocaine avec des collaborateurs formés et recrutés au Maroc. »

Source de l’article : La Vie éco