Bourse: Quels drivers de croissance pour 2026 ?
Le premier soutien demeure macroéconomique, selon les analystes de M.S.IN. L’inflation, attendue autour de 1% en 2026, offrirait à Bank Al-Maghrib une marge de manœuvre suffisante pour prolonger l’assouplissement de sa politique monétaire jusqu’à la fin de l’année. Dans ce contexte, la poursuite de la détente des taux d’intérêt continuerait d’alimenter les arbitrages en faveur des actions, au détriment des placements obligataires, tout en réduisant le coût du capital pour les entreprises cotées.
Sur le plan des résultats, 2026 bénéficierait d’un effet de base favorable après la forte progression des bénéfices enregistrée en 2025. Le retour à une dynamique normalisée des résultats de Maroc Telecom, conjugué à la bonne tenue des secteurs bancaire et du BTP, constitue un socle solide pour la croissance bénéficiaire globale du marché. Cette amélioration des fondamentaux s’inscrit dans une reprise plus large de l’activité touchant plusieurs secteurs clés : construction, tourisme, transport, événementiel, télécoms et services informatiques, stimulés notamment par l’organisation de grands événements sportifs.
Par ailleurs, le BTP apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires du cycle à venir. Outre les projets d’infrastructures liés à ces événements, le secteur est fortement mobilisé dans le programme de reconstruction des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, doté d’un budget de 120 milliards de dirhams étalé sur cinq ans. À cela s’ajoute la poursuite de la reprise du secteur immobilier, soutenue par le programme d’aide au logement prévu sur la période 2024-2028, qui devrait prolonger la dynamique en 2026.
L’environnement agricole pourrait également jouer un rôle de catalyseur. Les précipitations enregistrées en novembre et décembre nourrissent l’espoir d’une très bonne campagne agricole, susceptible de mettre fin à plusieurs années de sécheresse consécutives. Une telle amélioration aurait des retombées positives sur la consommation, l’investissement et, in fine, les résultats de nombreuses entreprises cotées.
Sur le plan financier et institutionnel, plusieurs éléments renforcent l’attractivité du marché marocain. La possibilité d’un retour du Maroc au sein de l’indice MSCI Emerging Markets en 2026, à la faveur de l’amélioration de la liquidité, constituerait un catalyseur majeur pour les flux étrangers. Parallèlement, le retour du Royaume à son statut « Investment Grade » , unique en Afrique, devrait contribuer à la baisse du coût du financement extérieur et offrir au Trésor une plus grande diversification de ses sources de financement, avec des effets indirects positifs sur l’ensemble du marché.
Les grands chantiers de transition énergétique représentent un autre relais de croissance structurel. Les investissements dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, le dessalement de l’eau de mer et les infrastructures associées devraient bénéficier à plusieurs sociétés cotées, notamment dans l’électricité, le BTP et l’ingénierie. Dans le même temps, l’intégration progressive de l’intelligence artificielle soutient les perspectives des entreprises de l’IT et des services informatiques, grâce à des gains de productivité et à une demande soutenue en solutions technologiques.
À l’approche des élections législatives de 2026, le climat politique pourrait également jouer en faveur de la confiance des investisseurs, dans un contexte où la stabilité institutionnelle reste un facteur clé pour les marchés. Enfin, la dynamique des opérations financières -introductions en Bourse, augmentations de capital et recours accru aux marchés pour compléter le financement bancaire- devrait continuer à élargir la cote et à raviver l’intérêt des investisseurs particuliers sur la Bourse de Casablanca.
Certes, le marché reste exposé à une volatilité ponctuelle et affiche des niveaux de valorisation élevés par rapport à certains marchés comparables. Néanmoins, la profitabilité de plusieurs sociétés cotées demeure attractive. Pour 2026, la sélectivité s’impose plus que jamais : privilégier les entreprises offrant une bonne visibilité, une valorisation raisonnable, une amélioration attendue des bénéfices par rapport à 2025 et des fondamentaux solides reste la clé pour capter le potentiel de croissance du marché actions marocain.
Source de l’article : Boursenews



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