Bourse : comprendre la séance agitée de vendredi
Depuis son introduction en Bourse, SGTM a enchaîné les séances de réservation à la hausse. En quelques jours, le titre a plus que doublé de valeur, porté par un fort engouement des investisseurs. Beaucoup d’entre eux attendaient précisément la première séance de cotation « libre » pour ajuster leurs positions : renforcer à l’achat pour les OPCVM restés sur leur faim lors de l’IPO, ou prendre des bénéfices après cette hausse spectaculaire pour une partie des particuliers.
Une avalanche d’ordres sans précédent
Vendredi, cette attente s’est traduite par un volume d’ordres exceptionnel. Pas moins de 19.000 contrats ont été négociés sur SGTM au cours de la séance, pour environ 2 millions de titres échangés. À titre de comparaison, Attijariwafa bank n’a enregistré que 146 contrats sur la même journée, et Addoha — pourtant l’un des titres les plus liquides du marché — 413 contrats.
Ce niveau d’activité, totalement hors norme, aurait mis sous forte pression certaines plateformes de Bourse en ligne. Plusieurs investisseurs particuliers se sont retrouvés temporairement dans l’incapacité de saisir ou de modifier leurs ordres, en raison de dysfonctionnements techniques. Rappelons que le flux total traité par la Bourse de Casablanca a dépassé les 27.000 contrats, établissant au passage un nouveau record historique de contrats traités, dépassant le précédent record datant de 2007, lors de la première séance de cotation de Snep.
En pratique, ce sont donc les plateformes de certaines sociétés de Bourse qui n’auraient pas absorbé un tel volume de requêtes simultanées. Résultat : de nombreux investisseurs n’ont pas pu réagir aussi rapidement qu’ils l’auraient souhaité, notamment au moment où le titre a commencé à reculer après l’ouverture effective des échanges.
Frustration des particuliers, mais pas de manipulation
Ces perturbations ont suscité une vive frustration, largement exprimée sur les réseaux sociaux. Certains y ont vu une anomalie, voire une manœuvre volontaire. Les professionnels du marché écartent cependant toute hypothèse de manipulation.
Lors des introductions en Bourse, il est en effet fréquent que la première séance de cotation effective soit marquée par des flux vendeurs opportunistes. Une partie des investisseurs cherche à matérialiser rapidement ses gains, surtout après une hausse aussi rapide que celle observée sur SGTM. Dans ce cas précis, la taille de l’opération et l’ampleur des plus-values latentes ont amplifié ce mouvement.
Le titre a ainsi clôturé la séance en baisse de 10%, tout en conservant une performance supérieure à +100% par rapport à son cours d’introduction. Une volatilité qui peut paraître impressionnante, mais qui reste classique pour ce type de séance exceptionnelle, même si elle peut déstabiliser les primo-investisseurs peu habitués à ce genre de mouvements. Cela rappelle aussi que les périodes d’euphorie autour des introductions en Bourse s’accompagnent presque toujours de phases de forte volatilité, parfois déstabilisantes, mais structurellement normales dans la vie des marchés.
Un marché globalement sous pression
En parallèle, la séance de vendredi a été difficile pour l’ensemble du marché. L’indice MASI a reculé de 2,45%, sous l’effet de ventes importantes sur plusieurs grandes capitalisations.
Cette baisse s’explique par plusieurs phénomènes. D’abord, des rachats (sorties de cash) effectués auprès des OPCVM — notamment Obligataires Moyen Long Terme (OMLT) — par les investisseurs institutionnels. Les OPCVM OMLT, qui rappelons-le ont une poche Actions qui peut atteindre 10% de leurs encours, se sont retrouvés vendeurs sur le marché afin de répondre à ces sollicitations. Ces rachats seraient, une nouvelle fois, liés à des opérations de closing d’OPCI, un phénomène qui avait déjà pesé sur le marché en début de trimestre.
Par ailleurs, compte tenu du poids significatif de SGTM dans le MASI (autour de 4%), les OPCVM sont contraints d’acheter des quantités importantes du titre pour s’aligner sur leur indice de référence. Ils se retrouvent ainsi obligés d’alléger d’autres lignes afin de libérer des liquidités ce qui à son tour a peser sur l’indice.
En face, ces flux vendeurs OPCVM ont été moins bien absorbés que d’habitude, en raison de l’orientation globalement vendeuse des flux, mais aussi des perturbations observées sur les plateformes de Bourse en ligne, qui ont limité la capacité des investisseurs à se positionner rapidement à l’achat.
Source de l’article : Boursenews



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