Benoît Tavenot, du limogeage par la lanterne rouge de Ligue 2 à l’opération maintien en L1 avec Metz

Vent de fraîcheur attendu pour certains, retour en arrière inquiétant pour d’autres. Toujours est-il que l’objectif maintien du FC Metz passera par un ancien, encore un. Après avoir, comme révélé par L’Équipe, « déchargé de ses fonctions » Stéphane Le Mignan cinq mois et demi avant la fin de son contrat, le président Bernard Serin et la direction sportive messine ont choisi de se tourner pour la fin de saison vers Benoît Tavenot, ex-adjoint en Moselle de Frédéric Antonetti entre juillet 2019 et son départ, en juin 2022.

Comme évoqué par le Républicain Lorrain, les profils notamment plus expérimentés mais aussi onéreux de Michel Der Zakarian, Olivier Dall’Oglio et Pascal Dupraz ont également été étudiés, sans être retenus. Le nom d’Antoine Kombouaré, qui avait décliné après avoir été sondé fin octobre juste avant la série de trois succès contre Lens, Nantes et Nice, n’a cette fois pas été prononcé lors des réunions organisées depuis une semaine par les dirigeants messins.

Arrivé en pompier de service mardi matin, deux jours après le douzième revers en dix-huit journées de Ligue 1 des Messins (1-2, à Strasbourg), Tavenot a déjà dirigé en fin d’après-midi son premier entraînement. Moins d’une heure après l’officialisation de son arrivée, le nouveau coach a tenu à réunir ses joueurs avec un message porteur d’espoir, lors d’une séance décalée de 15 à 17 heures et passée à huis clos au vu du contexte de la journée. « Je pense qu’il va faire du bien, notamment en clarifiant des choses et en étant plus proche du groupe, surtout des jeunes » , juge un agent bien implanté dans le vestiaire messin, et dont plusieurs joueurs ont déjà côtoyé Tavenot. Un reproche voilé pour Le Mignan, jugé trop buté sur ses principes tactique et distant par plusieurs cadres du groupe sur la fin de son mandat. Le Morbihannais a toutefois placé le doute dans l’esprit de Serin, lundi soir, après leur entrevue, évoquant notamment le rôle important qu’aurait joué le Sénégalais Habib Diallo à son retour de la CAN.

Son passage mitigé à Bastia au coeur des débats

C’est finalement Tavenot qui pourra compter sur la joie des deux champions d’Afrique messins (Diallo et Cheikh Sabaly) pour relancer Metz. Si son retour semble plutôt bien accueilli en interne par un club qui l’avait apprécié pour sa bonhomie sous l’ère Antonetti, il a grandement surpris voire agacé de nombreux supporters. Les plus ironiques ne manquent pas de rappeler que le promu vient de nommer un entraîneur qui a participé au pire début de saison en Ligue 2 de l’histoire de Bastia, dernier sans succès en onze journées à son limogeage, fin octobre 2025, et qu’il avait été suspendu huit matches pour avoir agrippé et tiré au sol le défenseur palois Jordy Gaspar contre Pau, en janvier 2025.

La preuve du caractère parfois volcanique d’un homme décrit « à fleur de peau » , par Francis Gillot, son tuteur à la DTN pour le BEPF, obtenu en 2022. Présenté mercredi matin à la presse, Tavenot avait toutefois su mener le SCB à la 8e place du classement lors de sa première année à Bastia, et su terminer quatrième de National avec Dijon en 2023-2024. Né à Paris, il reste avant tout lié à la Corse et Bastia, où il a passé près de quinze ans depuis 2003 et occupé les rôles d’adjoint, d’entraîneur de plusieurs équipes de jeunes et de la réserve, ou encore de directeur du centre de formation avant de s’installer sur le banc en L2 en juillet 2024, sur idée d’Antonetti, qu’il avait suppléé régulièrement pendant ses suspensions. Cette fois, l’ombre de son aîné de quinze ans n’est plus dans les parages.

Source de l’article : L'Équipe