Banques africaines : S&P anticipe une reprise durable du crédit en 2026
En ce début d’année 2026, le paysage bancaire africain apparaît sur une trajectoire plus favorable qu’au cours des dernières années. Dans son rapport « Africa Banking Outlook 2026 : Favorable Conditions Support Loan Growth and Asset Quality » , l’agence de notation S&P Global Ratings anticipe que « la croissance des prêts devrait se poursuivre et la qualité des actifs devrait se stabiliser ou s’améliorer modérément dans presque tous les secteurs bancaires du continent » . Cette projection repose notamment sur des conditions économiques et financières jugées plus favorables, avec une reprise de la demande de crédit sur plusieurs grands marchés, et une inflation globalement plus maîtrisée qu’en 2023-2024.
Cette amélioration est d’autant plus significative qu’elle survient après une période d’incertitudes : les banques africaines ont traversé des cycles de ralentissement économique, des tensions sur la liquidité et une hausse des créances douteuses qui ont pesé sur leur rentabilité. Aujourd’hui, S&P met l’accent sur un contexte plus porteur : la stabilisation macroéconomique dans plusieurs économies clés favorise un environnement où le crédit peut redevenir un moteur de croissance, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME), les investissements productifs et les projets d’infrastructure.
Pour les dirigeants d’établissements bancaires, cette perspective constitue une occasion de renforcer leur rôle traditionnel d’intermédiaires financiers dans des économies qui cherchent à accélérer leur développement, tout en consolidant leurs profils de risque.
Un secteur en recomposition, entre défis et opportunités
Le rapport souligne cependant que la dynamique n’est pas homogène à l’échelle continentale. Certaines économies, comme le Maroc, l’Égypte ou le Nigeria affichent une progression notable de l’activité de crédit et des indicateurs de qualité d’actifs, portées par une croissance économique robuste et/ou des réformes structurelles. À l’inverse, dans des pays où les réformes économiques tardent à se matérialiser comme en Tunisie, la rentabilité bancaire reste sous pression, car les banques continuent de composer avec des niveaux élevés de créances irrécouvrables et une demande de crédit plus timide.
Ce constat souligne une opportunité stratégique pour les acteurs du secteur. Dans les marchés porteurs, les banques peuvent capitaliser sur le renforcement de l’activité économique pour développer des produits de financement innovants, élargir l’accès au crédit pour les PME et investir davantage dans les services numériques. La digitalisation accélérée de l’offre bancaire est un levier important pour accroître l’inclusion financière et réduire les coûts opérationnels, tout en élargissant la base de clients à des segments encore mal desservis.
Par ailleurs, l’attention portée à la qualité des actifs est essentielle. Une amélioration modérée de la sinistralité, autrement dit, une réduction de la part des prêts dont le remboursement accuse des retards importants ou devient incertain, comme le projette S&P, rend les bilans bancaires plus résilients face aux chocs futurs, tout en renforçant la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux. Cette tendance peut contribuer à attirer davantage de capitaux étrangers, surtout si les établissements bancaires africains continuent à améliorer leurs notations et à faire montre d’une discipline de gestion de risque plus rigoureuse.
Enfin, du point de vue macroéconomique, la perspective d’un environnement plus stable — marqué par une croissance modérée, mais soutenue, et une inflation sous contrôle — offre aux banques africaines un cadre plus propice pour étendre leurs activités après plusieurs années d’ajustement. Cela pourrait accélérer le virage du secteur vers des modèles d’affaires plus intégrés, capables de soutenir non seulement le crédit traditionnel, mais aussi des services de financement structurés et des initiatives d’investissement durable.
Source de l’article : La Tribune



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