BAD-FEC : un financement de 150 M€ approuvé
La Banque africaine de développement s’apprête à octroyer un financement de 150 millions d’euros au Fonds d’Équipement Communal. Cette deuxième opération de la BAD en faveur du FEC vise à soutenir les investissements structurants des collectivités territoriales, renforcer la résilience des territoires et accompagner la dynamique de régionalisation avancée, dans un contexte macroéconomique stabilisé mais marqué par des besoins sociaux persistants.
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un nouveau financement de 150 millions d’euros en faveur du Fonds d’Équipement Communal (FEC), institution publique marocaine spécialisée dans le financement des collectivités territoriales. Cette opération, formalisée dans une note de synthèse de projet datée de décembre 2025, s’inscrit dans la continuité d’un premier appui de 100 millions d’euros signé en 2024 et traduit le rôle croissant accordé aux acteurs infra-étatiques dans la stratégie de développement du Royaume, selon la Banque de développement.
Créé en 1959 et détenu intégralement par l’État marocain, le FEC constitue aujourd’hui l’unique établissement financier spécialisé dans l’accompagnement des investissements locaux. Supervision de Bank Al-Maghrib, statut d’établissement de crédit agréé depuis 1997 et mandat clairement orienté vers l’amélioration des conditions de vie des populations locales font du FEC un instrument central de la politique territoriale marocaine. Son champ d’intervention couvre un spectre large, allant de l’aménagement urbain et de la mobilité à l’assainissement, l’éclairage public, l’accès à l’eau potable, la gestion des déchets, l’électrification rurale, le développement des zones d’activités économiques, des infrastructures sportives, culturelles, touristiques et commerciales, ainsi que la promotion des technologies propres. Ces investissements contribuent directement à la création d’emplois et à la dynamisation des économies locales.
Le nouveau financement de la BAD répond à une pression croissante sur les besoins d’infrastructures de base et de services publics locaux. La montée en puissance des collectivités territoriales, dans le cadre de la régionalisation avancée, s’accompagne d’une demande accrue de financements pour des projets structurants, notamment en matière d’assainissement, de mobilité urbaine, de gestion des déchets, d’éclairage public et de développement urbain. Pour y faire face, le FEC doit diversifier et renforcer ses sources de financement, combinant ressources domestiques et apports internationaux. Depuis 2019, outre l’appui initial de la BAD, l’institution a mobilisé des financements auprès de l’Agence française de développement et de la Japan International Cooperation Agency.
Sur le plan opérationnel, la ligne de crédit de 150 millions d’euros sera encadrée par des accords de financement et d’assistance technique définissant précisément les modalités de décaissement, de suivi, de reporting et de conformité environnementale et sociale. Cette architecture vise à garantir une utilisation rigoureuse des ressources, alignée sur les priorités nationales, le mandat du FEC et les Objectifs de développement durable.
Le projet s’inscrit dans un contexte macroéconomique marqué par une relative stabilisation. En 2024, la croissance économique du Maroc s’est établie à 3,2 %, contre 3,4 % en 2023, la contraction de la valeur ajoutée agricole ayant été compensée par la performance des secteurs secondaire, du transport et du tourisme. L’inflation a connu une nette décélération, passant de 6,1 % à environ 0,9 %, sous l’effet de la baisse des prix alimentaires et non alimentaires dans un environnement international plus favorable. Sur le marché du travail, 82 000 emplois nets ont été créés, même si le taux de chômage a légèrement progressé à 13,3 %. La situation budgétaire s’est également améliorée, avec un déficit ramené de 4,4 % à 3,9 % du PIB, selon la BAD.
Le document souligne également la solidité du secteur bancaire marocain, caractérisé par une capitalisation confortable et une supervision étroite. Les indicateurs prudentiels dépassent largement les seuils réglementaires, avec un ratio de solvabilité moyen de 16,2 %, un ratio Tier 1 de 13,5 % et un ratio de levier de 7,98 %, bien au-dessus des normes de Bâle III. Cette robustesse constitue un socle favorable au financement des projets territoriaux portés par les collectivités locales.
Sur le plan stratégique, l’opération est pleinement alignée avec la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque africaine de développement. Elle contribue à trois axes majeurs de l’institution : la réforme de l’architecture financière africaine, le développement d’infrastructures résilientes à fort impact social et la valorisation du dividende démographique, en plaçant l’emploi, en particulier celui des jeunes et des femmes, au cœur des priorités. Les investissements soutenus devraient générer des centaines d’emplois directs, réduire les inégalités territoriales et stimuler les économies locales, notamment à travers les petites et moyennes entreprises.
Les retombées attendues sont multiples. Des dizaines de milliers de bénéficiaires sont ciblés à travers des projets de réhabilitation urbaine, incluant l’éclairage public, la rénovation des bâtiments municipaux, la réhabilitation des voiries et la création d’espaces verts avec la plantation de milliers d’arbres. Le programme prévoit également l’extension des réseaux d’eau potable, l’amélioration des infrastructures routières, le développement d’équipements socioculturels et sportifs, ainsi que l’intégration de composantes de résilience climatique permettant des économies d’énergie et une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Classé en catégorie 1 au regard des sauvegardes environnementales et sociales de la Banque africaine de développement, le projet comporte toutefois des risques élevés liés aux travaux de construction. Ceux-ci concernent notamment la santé et la sécurité des travailleurs et des communautés, la pollution accidentelle des sols et de l’eau, ainsi que l’occupation temporaire de terrains privés. Ces risques sont encadrés par le système de gestion environnementale et sociale du FEC, renforcé depuis 2022 et mis à jour en 2024 pour intégrer les risques climatiques, l’ensemble des instruments requis ayant été validé par la Banque africaine de développement.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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