Bad buzz: des internautes appellent au boycott du show de Nawell Madani à Rabat

L’humoriste Nawell Madani, attendue au Théâtre Mohammed V de Rabat le 1er avril prochain, fait face à une vive controverse. En cause : une ancienne déclaration sur Canal+ qui a ressurgi sur les réseaux sociaux, déclenchant appels au boycott et crispations identitaires. L’ambiance est tout sauf sereine à l’approche de son spectacle.

C’est ce qu’on appelle un « bad buzz » en bonne et due forme. Alors qu’elle s’apprête à monter sur la scène du Théâtre Mohammed V de Rabat, Nawell Madani ne s’attendait sans doute pas à une telle déferlante de hashtags. Sur X, les mots-clés #BoycottNawellMadani et #NonÀMadaniAuMaroc se multiplient, portés par une partie de l’opinion publique marocaine prompte à dégainer l’artillerie numérique dès qu’une « ligne rouge » identitaire semble franchie.

Le « cliché » de trop

L’origine de la polémique : une ancienne séquence de Canal+, remise en circulation sur les réseaux. Dans un registre humoristique jugé aujourd’hui douteux, l’humoriste belgo‑algérienne y évoquait une « petite blague » associant femmes marocaines et sorcellerie. « Mais les gens disent ça » , s’était-elle défendue sur le plateau de l’émission « Clique » . Une justification qui ne passe pas.

Pour de nombreux internautes et activistes, il ne s’agit pas d’humour, mais de mépris, renforçant des stéréotypes sexistes et dégradants qui nuisent à l’image des Marocaines à l’étranger. Certains vont plus loin et questionnent la pertinence d’inviter des artistes qu’ils estiment s’inscrire dans un discours globalement hostile au Royaume, qu’il soit culturel ou politique.

Une affaire judiciaire qui refait surface

La polémique ne s’arrête pas là. Les détracteurs de Madani ont remis en lumière une affaire plus grave : ses démêlés avec la justice française en 2025. Nawell Madani avait été convoquée par le parquet de Paris après avoir frappé un enfant de six ans dans la rue.

Si elle a plaidé un « moment de panique » face à ce qu’elle pensait être une menace, le témoignage du père, relayé par la presse française, est autrement plus inquiétant : l’enfant aurait simplement voulu prendre une photo avant de recevoir « un coup violent au thorax » . La justice avait finalement opté pour une « contribution citoyenne » plutôt qu’un procès, mais l’image de l’artiste en a été sérieusement écornée.

Source de l’article : H24info