Avenir de Walid Regragui : entre exigence de résultats, pression populaire et logique institutionnelle
L’avenir de Walid Regragui à la tête de la sélection marocaine continue de susciter un débat intense au sein de l’opinion publique et des milieux sportifs nationaux. L’échec des Lions de l’Atlas en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, disputée à domicile, a ravivé les interrogations autour du projet technique conduit par le sélectionneur, malgré un contexte que beaucoup jugeaient favorable à une consécration continentale attendue depuis 1976.
Battue par le Sénégal (1-0) au terme d’une finale âprement disputée, la sélection marocaine a vu s’envoler l’espoir d’un sacre historique devant son public. Un revers d’autant plus douloureux qu’il intervient après plusieurs années d’attentes nourries par les performances de haut niveau réalisées ces dernières saisons, notamment lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar.
Au cœur des critiques figure la gestion des matchs décisifs, et plus particulièrement celle de la finale. Plusieurs observateurs pointent du doigt certaines options tactiques, la lecture du match, ainsi que l’utilisation de joueurs diminués physiquement dans un rendez-vous aussi exigeant. L’argument revient avec insistance : le Maroc disposait d’un effectif riche, expérimenté et compétitif, capable de rivaliser avec les meilleures sélections africaines.
Ces interrogations ont logiquement nourri un débat plus large sur la capacité de Regragui à faire franchir un nouveau palier à cette génération, après l’exploit mondialiste. Pour une partie du public, l’échec en finale constitue un rendez-vous manqué difficilement acceptable au regard des moyens humains, logistiques et organisationnels mobilisés.
La FRMF opte pour la retenue, une réunion décisive à venir
Face à cette pression croissante, la Fédération royale marocaine de football adopte une posture prudente. Selon des sources proches du dossier, la fédération ne souhaite pas céder à l’émotion ni aux réactions à chaud. La ligne directrice reste celle d’une évaluation globale et rationnelle du parcours du Maroc durant la CAN, intégrant les paramètres sportifs, contextuels et structurels.
Cette approche s’inscrit dans une logique de stabilité institutionnelle, devenue une marque de fabrique de la gouvernance fédérale ces dernières années. L’objectif est d’éviter les décisions précipitées, souvent contre-productives, et de replacer le débat dans une perspective stratégique à moyen et long terme.
Dans cette optique, une réunion est annoncée dans les prochains jours entre Walid Regragui et Fouzi Lekjaa, président de la FRMF. Ce rendez-vous devrait permettre un échange approfondi autour des raisons de l’échec continental, des choix opérés par le staff technique, mais aussi de la gestion globale de la compétition, de la préparation jusqu’à la finale.
Il sera également question d’évaluer la capacité du sélectionneur à tirer les enseignements nécessaires, à corriger les insuffisances constatées et à proposer une feuille de route claire pour la suite, dans un calendrier international particulièrement chargé.
Continuité ou rupture ?
Deux scénarios se dessinent désormais. Le premier consiste à maintenir Regragui à son poste, avec l’idée de capitaliser sur les acquis, de préserver la cohésion du groupe et de préparer sereinement les prochaines échéances majeures, au premier rang desquelles la Coupe du monde 2026. Ce choix s’appuierait sur la conviction que la stabilité est un facteur clé de performance à long terme.
Le second scénario, plus radical, plaide pour un changement à la tête de la sélection, estimant que le cycle actuel a atteint ses limites et qu’un nouveau regard technique serait nécessaire pour répondre aux ambitions du football marocain. Cette option, défendue par une frange du public, reste toutefois délicate à mettre en œuvre compte tenu des équilibres internes et du calendrier.
Au-delà du cas Regragui, la décision à venir revêt une portée stratégique pour l’ensemble du projet sportif national. Elle devra concilier l’exigence de résultats immédiats, la gestion de la pression populaire et la cohérence d’une vision à long terme, dans un contexte où le Maroc s’affirme comme une place forte du football africain et mondial.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc


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