AVC au Maroc : un tueur silencieux qui frappe toutes les dix minutes

Chaque année au Maroc, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) causent des dizaines de milliers de décès et laissent encore plus de personnes avec des handicaps sévères. Un phénomène largement sous-estimé par le grand public, alors même qu’il représente une urgence majeure. Les chiffres sont édifiants : 52.000 AVC enregistrés chaque année, soit un toutes les dix minutes, et 36.508 décès, l’équivalent d’un toutes les quatorze minutes. Un bilan qui place l’AVC parmi les premières causes de mortalité et de handicap dans le pays. Pour le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, il s’agit d’un véritable « enjeu de santé publique national » .

Un tueur rapide, un système trop lent

L’AVC survient lorsqu’une artère du cerveau se bouche ou éclate, privant ainsi une zone cérébrale de sang et d’oxygène. Dans ce contexte, le temps devient un ennemi mortel. « Time is brain » , rappelle le Dr Hamdi. « Chaque minute compte, car deux millions de neurones meurent chaque minute » .

Pourtant, au Maroc, plus d’un quart des personnes victimes d’un AVC décèdent dans l’année qui suit. Le chercheur pointe du doigt des retards de prise en charge, le manque de centres spécialisés et l’insuffisance de rééducation adaptée. Le bilan est lourd : un AVC sur deux entraîne un handicap faute d’une rééducation adéquate.

Le tableau est d’autant plus alarmant que ces décès et séquelles sont en grande partie évitables. L’AVC ischémique, causé par l’obstruction d’une artère, représente 80 à 85% des cas. Il peut bénéficier de traitements efficaces, à condition d’intervenir dans les toutes premières heures : idéalement avant quatre heures pour la thrombolyse, et dans les six heures, parfois jusqu’à 24 heures, pour la thrombectomie mécanique. Encore faut-il que la victime parvienne à temps dans un hôpital équipé et structuré pour ce type d’urgence.

Source de l’article : Lebrief