Au bord de l’Atlantique, les racines marocaines de Lamine Yamal
En cette fin du mois de décembre, le port est balayé par des rafales de vent dantesques. Elles n’empêchent pas une poignée de gamins de jouer au pied de la vieille ville, dont les façades bleues et blanches rappellent la sublime Chefchaouen dans le Rif ou quelques îles grecques. L’hôtel España et des gargotes propices aux sardinades, comme le Chiringuito Omar, soulignent le lien historique avec la péninsule ibérique.
Quelques couples d’amoureux se posent sur la corniche, face à l’estuaire où le fleuve Loukkos se jette dans un océan Atlantique turbulent. Pour se réchauffer, un vendeur ambulant propose une soupe de coquillages, et elle ragaillardit.
Des étés passés à dribbler sur la plage de Ras R’Mel
Dans la région de Tanger, Larache est la ville d’origine de Fatima, la grand-mère de Lamine Yamal. « Elle est arrivée seule en Espagne à l’âge de 40 ans, confiait Abdelkhalak, l’oncle de Lamine Yamal, à la Vanguardia en 2024. C’était en 1990 et aucun visa spécial n’était nécessaire. Elle a commencé à travailler dans un camping à Llavaneres (près de Barcelone). Elle y est restée deux ans. Elle a travaillé dur pour emmener chacun de ses enfants, année après année. J’étais le premier. Ensuite, c’est Mounir, le père de Lamine Yamal, qui est arrivé quand il avait 9 ans. » Deux décennies plus tard, Lamine Yamal a fait le trajet inverse de sa grand-mère, qui avait embarqué depuis Tanger, en ferry. Il a régulièrement passé ses vacances à Larache. À la visite des sites archéologiques de Lixus, port phénicien établi au VIIIe siècle avant JC et plus vieille cité antique du Maroc, l’ailier s’est épuisé sur la sublime plage de Ras R’mel, torse et pieds nus lors d’étés passés à dribbler. En hiver, les conditions sont moins agréables, le vent déterre les déchets plastiques et érode les deux cages usées qui font face à l’océan.
En ville, et contrairement au berceau de Rocafonda en Catalogne, pas de fresques en hommage au joueur, plus distant de ses racines, calendrier démentiel et nouveau statut oblige. Ses oncles et cousins viennent se ressourcer de temps en temps à Larache, et Fatima a toujours la flamme pour son pays. Avec un de ses fils, elle a assisté à Maroc-Mali (1-1), le 26 décembre, deuxième match de groupe des Lions de l’Atlas.
Source de l’article : L'Équipe



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