Asile : Après le vote des eurodéputés, la délégation de l’UE au Maroc s’exprime

Une semaine après le vote de nouvelles mesures sur l’asile par le Parlement européen, la Délégation de l’Union européenne au Maroc s’est exprimée sur sa coopération migratoire avec le royaume. Répondant à une question de Yabiladi à ce sujet, lors de la conférence de presse annuelle de la Délégation de l’UE et la Banque européenne d’investissement (BEI) tenue ce mardi à Rabat, Rocco Busco, chef de la section gouvernance, a assuré que les deux parties travaillaient « ensemble pour la migration dans toutes ses dimensions » .

Mardi dernier, le vote des eurodéputés a approuvé la possibilité pour les Etats membres de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays tiers considérés comme « sûrs » , même si les ressortissants n’en sont pas originaires. A cet effet, le Maroc a été intégré à la liste des éventuels points de chute, au même titre que le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, le Kosovo, l’Inde et la Tunisie.

Précédemment, des mesures similaires ont pourtant été empêchées par des juridictions en Europe. En Italie, les renvois vers l’Albanie ont ainsi été rejetés, tandis que le Royaume-Uni a dû abandonner son projet de coopération avec le Rwanda en la matière. Pour leur part, des chercheurs spécialistes dans les mobilités internationales au Maroc ont précédemment indiqué auprès de Yabiladi que l’initiative s’inscrivait dans une forme d’externalisation de la gestion des frontières de l’UE.

Dans le contexte du nouveau vote et ce qu’il en est pour la coopération migratoire entre l’UE et le Maroc, Rocco Busco indique quant à lui que « l’opération est déjà en cours » pour travailler avec le royaume sur « la gestion humanisée des frontières, la protection des migrants, le retour et la réintégration, la lutte contre le trafic et la traite des êtres humains, mais aussi la mobilité légale et circulaire » . « Le Maroc dans ce domaine, comme dans tous les autres, est considéré comme un partenaire sérieux et crédible, raison pour laquelle il a été inclus à la liste des pays sûrs, où les procédures, les demandes d’asile seront traitées de façon plus rapide » , nous a déclaré le chef de la section gouvernance à la DUE de Rabat, ajoutant que « les nouvelles décisions prises à Bruxelles sont tout à fait en ligne avec le travail qu’on est déjà en train de faire » .

Une question restée en suspens

Depuis des décennies, la question du renvoi de ressortissants étrangers demandeurs d’asile est restée en suspens entre l’UE et le Maroc. Jusque-là, le royaume a surtout accepté de recueillir ses concitoyens, mais pas ceux des autres nationalités. A la suite du récent vote au Parlement européen, la partie marocaine n’a pas encore exprimé de position officielle.

Pour l’heure, Rocco Busco affirme que « le Maroc continuera à être un partenaire dans le domaine de l’immigration, où on travaille avec beaucoup d’efficacité et de succès » . « L’immigration et la mobilité légales sont aussi un volet permettant de répondre aux nécessités d’emploi, dans une logique ‘gagnant-gagnant’ » , nous a-t-il déclaré.

Dans ce sens, le responsable n’a pas évoqué explicitement la situation des ressortissants non-marocains, à la lumière des nouvelles mesures votées. Il a plutôt fait état d’un équilibre entre « une grande demande dans beaucoup de pays » de l’UE en termes de mains-d’œuvre et « une offre des jeunes femmes et hommes [en Europe, ndlr] qui veulent travailler au Maroc » .

À ce titre, Rocco Busco indique que « tout en s’assurant d’éviter la fuite des cerveaux » , les deux parties œuvrent « pour faciliter cette migration légale, satisfaire aussi bien la demande du Maroc que celle des Etats membres de l’UE » .

Source de l’article : Yabiladi.com

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