Arts plastiques. 60 ans de peinture marocaine à l’épreuve du temps

Le vernissage de la grande exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc » , placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’est tenu mardi, 6 janvier, à la Galerie nationale Bab Rouah à Rabat.

Cette manifestation d’envergure propose une lecture approfondie de six décennies de création plastique marocaine, interrogeant les notions d’identité, de modernité et de mémoire visuelle dans un paysage culturel en perpétuelle mutation.

Une traversée des générations et des esthétiques

Organisée par le Syndicat marocain des artistes plasticiens professionnels, l’exposition offre un panorama global des trajectoires des arts plastiques au Maroc. À travers une sélection d’œuvres réunissant les pionniers du mouvement plastique et les générations contemporaines, elle met en lumière la richesse de l’expérience marocaine, la diversité de ses expressions esthétiques et la vitalité de ses courants successifs.

Hommage à la mémoire artistique nationale

Initiée avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en partenariat avec le Musée Bank Al-Maghrib et la Villa des Arts – Fondation Al Mada, l’exposition rend hommage aux artistes qui ont contribué à façonner la mémoire artistique nationale. Elle souligne également le rôle central des arts plastiques dans le développement culturel et le rayonnement du Royaume, en proposant un espace de dialogue fécond entre artistes confirmés et jeunes talents.

L’identité et la modernité au cœur du propos

Dans une déclaration à la MAP, le président du Syndicat marocain des artistes peintres professionnels, Mohammed Mansouri Idrissi, a indiqué que l’exposition réunit plus de 160 artistes marocains, notamment de la nouvelle génération. Il a précisé que cette manifestation est accompagnée de la publication d’un livre d’art retraçant cette expérience, intégrant des approches académiques et des photographies d’œuvres, renforçant ainsi sa portée documentaire.

Selon lui, l’exposition s’articule autour d’une question fondatrice ayant marqué la scène artistique marocaine depuis le milieu des années 1960 ; celle du rapport entre l’identité marocaine et la modernité. Les pionniers de la première génération ont abordé cette problématique en s’inspirant des courants artistiques internationaux tout en insufflant une sensibilité marocaine à leurs œuvres, contribuant ainsi à l’émergence d’une véritable pensée plastique marocaine.

Une diversité de techniques et de pratiques

De son côté, l’artiste peintre Bouzaïd Bouabid a souligné que l’exposition juxtapose les premières expériences des arts plastiques marocains aux tendances contemporaines les plus récentes. Les œuvres présentées témoignent d’une grande diversité de techniques, allant de la peinture à l’huile et à l’aquarelle aux arts d’installation, de performance et aux arts graphiques.

Il a estimé que la forte présence de la jeune génération, ouverte à de nouvelles approches et expérimentations, confère une dynamique particulière à l’événement et confirme à la fois la continuité et la capacité de renouvellement de l’expérience artistique marocaine.

Quatre lieux, une tournée nationale

L’exposition est déployée sur quatre espaces emblématiques de Rabat : la Galerie nationale Bab Rouah, la Villa des Arts – Fondation Al Mada, le Musée Bank Al-Maghrib et la galerie Bab El Kébir aux Oudayas. Elle poursuivra ensuite sa route à travers plusieurs villes du Royaume, notamment Casablanca, Tanger, Marrakech et Laâyoune, dans le cadre d’une tournée nationale visant à élargir le public et à renforcer l’interaction avec les arts plastiques marocains.

L’engagement des galeries professionnelles

Plusieurs galeries professionnelles s’associent à cette célébration, parmi lesquelles Dar d’Art (Tanger), Eden Art Gallery (Casablanca), Galerie 38 (Casablanca), Noir sur Blanc (Marrakech), Kent Gallery (Tanger), Khalid Fine Arts (Marrakech), Loft Art Gallery (Casablanca) et Myriem Himmich Gallery (Casablanca), affirmant ainsi la synergie entre institutions, artistes et acteurs du marché de l’art.

Source de l’article : Le Courrier de l'Atlas